Il y a eu du mouvement, ce week-end, à la tête de l’UMP, du PS et des Verts. Depuis vendredi, ça bouge dans les Etats majors politiques : le PS a désigné sa nouvelle direction, il y a un petit remue ménage au sommet de l’UMP et les Verts ont reconduit leur secrétaire national. Et souvenez-vous, depuis leur émergence au début des années 90, les écologistes nous avaient habitués à un amateurisme assez affligeant. Avec un fonctionnement qui se voulait hyper démocratique, la dictature de la transparence, avec le refus de l’idée de leadership interne, on aboutissait à d’hallucinants débats dans le cadre de réunions interminables. Il est arrivé aux Verts français de discuter des heures pour décider de comment ils allaient voter sur la façon dont ils décideraient de leur mode de scrutin et ainsi de suite. Ces débats essentiels pouvaient être interrompus par des monomaniaques de la chasse au tir à l’arc ou du canal Rhin-Rhône, je n’invente rien ! Hé bien ce week-end, les Verts ont achevé plusieurs mois d’un travail politique exemplaire à cent lieues de leurs vieilles lubies groupusculaires. Par la même occasion, ils ont donné une leçon au PS et à l’UMP. Ils ont réélu Cécile Duflot, travailleuse, et pour l’instant visiblement épargnée par l’hypertrophie du Moi. Ils ont adopté une ligne politique autour de laquelle se retrouvent, non seulement les verts mais toute la galaxie écologiste : les environnementalistes comme Antoine Waechter, les amis de Nicolas Hulot, nombre d’associations de défense de l’environnement, Daniel Cohn-Bendit et José Bové. On disait que les verts avaient un fonctionnement puéril. C’était les enfants agaçants de la politique ; aujourd’hui, ils font preuve d’une belle maturité alors que papa PS et maman UMP montrent un visage d’adultes capricieux avec un mélange de caporalisme à droite et de haine de soi à gauche. Pourquoi ce sombre tableau des deux grands partis ? Alors commençons par le PS. La nouvelle direction, c’est vrai, est féminisée, diversifiée, largement rajeunie, mais il y a ce spectacle de la fracture en plein milieu sur des questions uniquement de personne. On ne nous fera pas croire que c’est sur l’adhésion à vingt euros ou des questions d’organisation du parti que royalistes et aubryistes n’ont pas fait affaire. Tant qu’il sera visible comme le nez au milieu de la figure que Ségolène Royal n’a qu’un but, unique et suprême, une ambition primordiale et exclusive - être candidate à l’élection présidentielle - la direction du PS fera semblant de lui ouvrir sa porte alors que la Présidente de Poitou-Charentes, de toute façon, préférera faire son chemin solitaire, mi-martyr, mi-prophète. A droite, il faudrait rappeler les spécialistes du Kremlin pour nous décrire ce qui se passe, parce que l’UMP semble fonctionner selon une bonne vieille méthode qui a fait ses preuves : le centralisme démocratique. Nicolaï Sarkozy a décidé qu’il fallait réorganiser son parti et le Conseil Général des Hauts-de-Seine. Il a donc nommé Bronislaw Devedjian, ministre de la relance. Dans les couloirs du politburo, on dit que c’est Igor Bertrand qui sera désigné secrétaire général par le Président du Présidium de l’UMP, plutôt que Grichka Horteufeux. On le voit, ce week-end n’a fait que confirmer que –avec le quinquennat- notre vie politique, entièrement centrée autour de la Présidence de la République, vice le fonctionnement démocratique des grands partis. Les Verts s’en sortent mieux - ce n’est pas qu’ils soient plus vertueux qu’au PS ou à l’UMP, c’est juste que, pour eux, l’enjeu de la présidentielle n’existe pas, parce qu’à moins d’une glaciation ou une désertification de la France d’ici 2012, Cécile Duflot a quand même assez peu de chances de devenir Présidente de la République !

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