**Jean-Paul Besset, l’une des figures d’Europe-écologie-les verts quitte ses fonctions au sein de la direction du mouvement.Oui, Jean–Paul Besset n’est pas connu du grand public mais cet ancien journaliste, proche de Nicolas Hulot est une personnalité clef du monde écologiste. C’est un idéaliste qui n’a jamais recherché le pouvoir et qui se retrouve au centre de deux logiques qui semblent de plus en plus incompatibles : celle des Verts et celle d’Europe Ecologie. Besset est l’une des chevilles ouvrières de leur récente fusion. Aujourd’hui il en a assez d’être entre le marteau et l’enclume. Certains apparatchiks verts n’ont pas réussi à se débarrasser de leurs vieilles habitudes de gestionnaires de groupuscules gauchistes et certains proches de Daniel Cohn-Bendit rêvent d’un mouvement impossible : ouverts et moderne mais qu’eux-même n’ont toujours pas réussi à définir. Besset devait devenir samedi président du Conseil Fédéral de la nouvelle organisation écologiste, il claque la porte dégouté et épuisé. Que se passe-t-il chez les écologistes de si violent ? Deux exemples : lors de la négociation avec les Socialistes pour les sénatoriales, 3 jours avant la fusion Verts-Europe écologie, les Verts se sont rendus à une réunion avec le PS sans prévenir leur camarade d’Europe écologie. De l’autre coté, lors de la fusion, certains membres d’Europe écologie diffusaient l’idée que Cécile Duflot voulait torpiller la candidature d’Eva Joly… tout ça est tout petit, ridicule, à la fois pitoyable et pas très grave. Ces histoires n’ont aucun intérêt, ne vous inquiétez pas j’en suis conscient ! En fait je les détaille pour bien montrer la fragilité et la fébrilité de ce mouvement largement composé de personnalités qui ont un problème avec l’idée même du pouvoir et qui n’assument pas d’affronter les aléas de sa conquête. C’est le charme et la faiblesse des écologistes. Ce que vous décrivez, ce n’est rien à coté de ce qui se passe au PS ou à l’UMP !Oui effectivement, la différence entre ce qui se passe chez les écolos, et ce qui se passe, par exemple entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin est à peu près aussi importante que la différence entre le marché de Brive la Gaillarde selon Georges Brassens et la bataille de la Marne ! Malgré tout, ces bisbilles pathétiques peuvent avoir plus de conséquences électorales en 2012 pour les écologistes que les batailles rangées à l’UMP ou au PS pour leurs candidats respectifs. Eva Joly candidate pour 2012 n’est pas en cause même si elle commence à faire douter de sa capacité à aller jusqu’au bout. Mais une mauvaise image, une image politicienne des écologistes, pourrait faire fondre très rapidement leur potentiel électoral qui est très « volage » comme le montrent toutes les études d’opinion. Europe-écologie-Les Verts bénéficient du plus fort taux de sympathie dans l’opinion parmi tous les mouvements politiques français, ils ont une figure tutélaire respectée à gauche et au-delà, en la personne de Daniel Cohn-Bendit. Leurs thèses se voient validées au fil des ans par l’actualité et progressivement adoptées par les autres partis politiques, après les avoir tournées en dérision... Ils sont en bonne place pour participer au pouvoir si la gauche gagne en 2012… mais tout peut s’écrouler rapidement et ils peuvent très bien faire 2% à la présidentielle si les électeurs ont l’impression qu’ils sont finalement comme les autres. Il n’y a pas de noyau dur électoral pour les écolos. Ils n’ont pas de socle solide. L’affaire Besset est une alerte qui arrive assez tôt pour qu’ils se reprennent. Le peuvent-t-ils ? On verra...**

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.