Ce matin, l’écologie de droite…Il en a été un peu question dans la campagne pour l’élection du président de LR

Un tout petit peu, mais c’est à noter… noyé dans un propos général dominé par les thèmes identitaires. Laurent Wauquiez s’est voulu le défenseur de la ruralité abandonnée par un président qui ne s’occuperait que des villes. Mais ce n’est pas par le biais de la ruralité que le favori de la compétition à LR a montré quelques petites lueurs d’écologisme ! Wauquiez prône, je cite : « une droite qui fait sienne les questions d'écologie(…) Une écologie positive, qui mise sur le progrès et l'innovation, portée par des projets et non par la contrainte ». Fin de citation. C’est un pari… l’idée que le progrès technique, l’optimisation des moyens de stockage d’électricité, par exemple, suppléeront les énergies carbonées. Ainsi nous pourrions continuer à vivre comme aujourd’hui, sans mettre en cause les équilibres de la planète. Le parti conservateur mise donc sur le progrès –c’est singulier- pour pouvoir conserver ! Il estime que l’on peut avoir une vision écologiste en produisant et consommant toujours plus (l’écologie, donc, sans contrainte) qui s’oppose à l’écologie dite ‘punitive’. C’est bien sûr une hérésie pour les écologistes de la 1ère heure. Mais ces derniers devraient –un peu- se rassurer parce que cette position est, généralement, transitoire. Les socialistes aussi il y a quelques années (Ségolène Royal) parlaient d’écologie ‘punitive’. En fait une droite qui ne nie plus les causes du réchauffement climatique sera rattrapée par le sens de l’histoire. Elle viendra à son tour aux conclusions selon lesquelles il faut changer la nature même de la croissance et passer d’une attitude purement productiviste à une attitude transitionniste. Bien sûr, le temps presse et la mue des productivistes est trop lente aux yeux des écolos de longue date. 

Il se développe aussi une pensée écologiste dans le monde intellectuel de droite…qui veut rompre avec le productivisme, justement !

Oui, autour, par exemple, de la revue Limite. Les contributeurs de cette revue, qui, sur bien des sujets de société, sont proches de la droite des clochers de Laurent Wauquiez, se démarquent en revanche sur le thème de l’écologie. La revue Limite, et sa principale animatrice Eugénie Bastié, s’inspire de penseurs antilibéraux, ils remettent en cause la consommation de masse, destructrice de nos paysages et de nos modes de vie. Ils font, eux, le lien entre ruralité identitaire et écologie, ils mêlent, par exemple, circuit court et tradition. Cette écologie, contrairement à celle de Laurent Wauquiez, ne compte pas sur le progrès, dont elle se méfie, pour conserver. Limite parle d’ « écologie totale » qui inclue une forme d’écologie humaine. C’est ainsi qu’elle milite contre la PMA, la GPA et promeut le modèle familial traditionnel. Une vision qui s’oppose frontalement à l’écologie de gauche ! A quelques exceptions près : José Bové s’est, par exemple, farouchement opposé à la PMA, 1er pas vers l’eugénisme, dit-il. L’écologie de droite existe donc, elle est diverse et évolutive. Il en va maintenant de l’écologie presque comme de la République. C’est un cadre englobant à l’intérieur duquel s’exerce une diversité. Ce qui explique sans doute qu’il n’y ait plus besoin de parti purement écologiste. 

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