Le procès des caricatures du prophète Mahomet, reproduites par « Charlie Hebdo », s’achève aujourd’hui à Paris, dans une ambiance très tendue. Un procès qui inspire ce matin, à Françoise Degois, un coup de gueule général. "Il fut un temps, Nicolas, ou un tel procès aurait suscité pétition à la une des journaux, éditions spéciales et manifestation avec banderoles " Touche pas à mon Voltaire". Et là, nous voilà tombés le cul par terre, spectateurs mollassons d'un procès surréaliste et qui manipule un coktail hautement explosif. Obcurantisme et véritable croyance, communeautarisme et politiquement correct, avec ce défilé des élus dans le prétoire et cette guéguerre Chirac- Sarkozy sur la question. L'opinion est pourtant le procureur le plus dur de Charlie, selon un sondage paru dans le Pèlerin 79% des francais n'acceptent pas qu'on critique les religions. Pincez moi, je rêve. Il fut un temps ou les saillies de Phillipe de Villiers, déclarant que "Victor Hugo ça n'est pas pas hallal." Il fut un temps où ça aurait déclenché des révoltes légitimes et pourquoi pas des concerts de soutien. Aujourd'hui, Jean-Marie le Pen pose en père tranquille dans Paris Match. Il fut un temps où la famille avait disparu des conversations et la revoilà, partout, classique ou recomposée, gay ou hétéro, en tout cas dans tous les discours de campagne. Nicolas Sarkozy promet même des allocations familiales dès le premier enfant. A quand les allocs pour les célibataires au cas où ils auraient un enfant un de ses jours. Ségolène Royal en a fait l'un des piliers de son corpus, à faire s'en étrangler les libertaires de gauche qui ne crachent toujours pas sur mai 68. Quant à Francois Bayrou, voilà qu'il s'y met aussi et les télés qui vantent les mères méritantes d'un petit village de la Mayenne. Souvenons-nous des manifs où les femmes défilaient avec leur soutien gorge à la main. Entre le trop et le trop peu, il doit certainement y avoir un juste milieu. Et puis, il fut un temps où l'on fumait sur les plateaux télés, ça s'enguelait sec autour de Michel Polac dans les volutes de fumée des gitanes sans filtre. Aujourd'hui vous repasserez... Pas grave si la consommation augmente, pas grave si tout le monde se sucre au passage sur nos futurs cancers du poumons. C'est interdit et c'est pour notre bien et celui des autres. La loi est dure mais c'est la loi. Remarquez, il reste la rue et encore... pourvu que la mode de Tokyo n'arrive pas jusu'à nous. Interdictions de fumer dans certains quartiers de la capitale nippone. Estimons nous donc heureux de ne pas avoir à changer de rue, en roulant bien sûr à 50 kms à cause des radars, dans des voitures construites pour rouler à 200 et qui polluent comme 3 chars d'assaut alors que la planète est officiellement en danger. Nous voilà donc glissant peu à peu dans la ouate confortable des bons sentiments, réglés comme du papier à musique. Alors ce matin, je sonne la révolte une dernière fois. Je m'offre le luxe d'un gros mot à l'antenne " Zut de zut ". Et oui " Zut ", c'est le maximum autorisé. Une chronique de Françoise Degois.

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