L’écologie et le macronisme... rendez-vous raté !

Le gouvernement, via le projet de loi énergie-climat, vient de réduire ses objectifs de baisse de consommation d’énergies  fossiles. Dans la foulée des accords de Paris, la France avait prévu de diviser par 4 ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. Finalement, comme on ne prend pas cette direction, l’objectif n’est plus que la neutralité, c’est-à-dire de ne pas émettre plus de C02 que nos forêts ne peuvent en éliminer. Cet objectif, peu ambitieux et flou sera, en plus, difficilement vérifiable. Ajouter les atermoiements sur le diesel, voilà un contexte qui éclaire le choix du député Mathieu Orphelin, corédacteur du programme du candidat Macron sur l’environnement (resté, malgré le départ de Nicolas Hulot, pour continuer à pousser les feux de l’écologie) qui, la mort dans l’âme, décide que ce n’est pas la peine d’insister. 

Le gouvernement explique qu’il revoie ses ambitions écologiques par ‘réalisme’…

Le réalisme ! Voilà une notion qu’il faut toujours expliquer parce que, justement, la politique c’est l’art de changer le réel. Le réalisme est généralement invoqué, à juste titre, pour calmer les ardeurs des utopistes… La politique, c’est la tension entre le souhaitable et le possible. La volonté politique, l’accord d’une grande majorité de la population, le sentiment d’être dans le sens de l’histoire... et l’on fait pencher la balance vers le souhaitable... Le possible, comme l’intendance, suivra. L’équilibre se trouve par une alchimie entre volontarisme et réalisme... généralement quand on utilise l’argument du réalisme, c’est pour ramener les rêveurs sur terre ! Mais aujourd’hui, revenir sur terre prend un tout autre sens ! Avec l’écologie et la transition énergétique, il n’y a pas lieu (comme avec le socialisme par exemple) d’arbitrer entre le souhaitable et le possible. L’écologie n’est pas le souhaitable, c’est l’indispensable ! Bref le réalisme serait de ne pas réduire ses ambitions écologiques et même de les démultiplier. L’utopie ne serait pas de changer de modèle mais de garder celui qui nous détruit ! Ce n’est pas là  l’affirmation d’un point de vue politique mais d’une réalité scientifique qui fait maintenant consensus. Une réalité qui est même affirmée par le président de la république, quand il parle de ce sujet devant les instances internationales. Invoquer le réalisme pour nier la réalité, voilà ce que fait le gouvernement en renonçant aux objectifs qu’il s’était fixé et qui étaient déjà loin du compte de la nécessaire transition. Le marconisme choisit le réel du court terme plutôt que celui du moyen et long terme. Le plus étonnant, c’est que l’écologie, en plus d’être l’avenir (le président l’a rappelé en ces termes, d’ailleurs, s’agissant de l’agriculture, hier, devant les jeunes avec qui il débattait), peut être aussi une solution sociale, sanitaire, économique, une réponse en matière de santé (donc de finances publiques) de bien-être, une réponse identitaire aussi avec la revalorisation des terroirs. Emmanuel Macron qui aime à dire que la France –c’est son destin- doit avoir un message universel, peine toujours à donner un contenu, social, sociétal crédible à son progressisme affiché. Ce ne sera donc pas non plus l’écologie…

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