Municipales : les écologistes optimistes

Oui,  dans les sondages, ils talonnent souvent, en ce moment, le maire  sortant. A Lyon-Ville,  l’écologiste Grégory Doucet est même donné en tête alors que son alter  ego, Bruno Bernard, n’est qu’à 2 points de la liste Colomb à  Lyon-Métropole. Les écologistes peuvent oser rêver de la 2ème  ville de France mais aussi de la plus grande ville  de banlieue du pays : Villerbanne... et Caen, Rouen... ils peuvent  surprendre à Toulouse, Lille... et dans de nombreuses villes moyennes...  ça s’explique : Ils n’ont pas (ça faisait longtemps) de querelles  individuelles pour la présidentielle. Yannick Jadot  s’impose. La prise de conscience populaire de l’urgence  environnementale fait de leur offre politique une évidence pour beaucoup  de jeunes électeurs. Et puis les municipales, c’est la proximité, les  solutions locales. Tous les maires de grandes villes (sauf  à Marseille qui est un cas sidérant d’immobilisme), toutes les villes  de droite ou de gauche vantent leur bilan écologique, pour prouver leur  modernité. Ils truffent aussi leur programme d’ambitions encore plus  vertes. Il n’est pas étonnant, dès lors, que  les écologistes progressent, puisque tout le monde a l’air de dire  qu’ils ont raison. D’autant que ce qui peut rebuter nombre d’électeurs  de gauche et de droite classique, encore un peu conservateurs sur les  questions environnementales (une politique énergétique  et industrielle transgressive, une certaine forme de croissance  frugale), n’a pas lieu d’être au niveau municipal où il est surtout  question de quotidien : transports propres, espaces verts, urbanisme  responsable et déchets raisonnablement traités.    

Et à Paris ? 

A  Paris, qui offre généralement de bons scores aux écologistes, l’affaire  est plus compliquée  pour EELV parce qu’Anne Hidalgo n’a plus l’image d’une socialiste-écolo  mais maintenant d’une écolo anciennement socialiste. Elle domine le  paysage politique parisien même si son étiage n’est, en réalité, pas si  élevé.  David Belliard, le candidat Vert, était  prêt à accepter une proposition d’alliance avec le macroniste dissident  Vilani mais son parti n’a pas voulu de ce rapprochement, du moins pas  annoncé avant le 1er tour. Julien Bayou (nouveau patron  d’EELV) affirme que les écolos ne peuvent pas s’allier  à la droite ou aux macronistes. Yannick Jadot, qui n’a pas un parti à  tenir mais une image présidentielle (donc plus rassembleuse) à  construire, regrette cette expression de refus, qui rappelle les travers  gauchistes, sectaires des verts d’antan. D’après Julien  Bayou, la différence entre Yannick Jadot et lui n’est qu’une différence  entre un  ‘Non sauf’ et un ‘oui mais’... Seulement derrière ces  attitudes ‘ouvert ou fermé’ se joue la capacité des écologistes à être  la force matrice et motrice du paysage politique  de demain. Le peu de cas que l’opinion fait, pour l’instant, de l’avis  des verts sur les autres questions, sociales (retraites par exemple) ou  régaliennes, montre qu’ils auront besoin de s’agréger d’autres forces  politiques. Ils ont encore du chemin à parcourir  avant de remplacer (c’est leur ambition) LREM comme proposition  centrale de dépassement des anciens clivages et comme alternative  pertinente au RN. Les municipales peuvent être un laboratoire...

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