Par Carine Bécard.

C'est aujourd'hui le grand retour de Nicolas Sarkozy sur la scène politique. L'ancien président doit s'exprimer cet après-midi à l'UMP, à l'occasion d'un bureau politique consacré à ses comptes de campagne, invalidés jeudi par le Conseil constitutionnel. Un retour contraint pour l'ancien président, et qui n'est pas sans danger...

C'est vrai ! Et c'est sans doute ce qui a poussé Nicolas Sarkozy - dès le début de cette affaire -, à tout prendre en main, à décider de tout et finalement à donner l'impression d'orchestrer son propre retour. En réalité, à y regarder de plus près, l'ancien président n'avait évidemment pas le choix. Difficile pour l'ancien candidat à l'élection présidentielle, qui voit ses comptes de campagne, sanctionnés par le Conseil constitutionnel, de faire comme s'il ne s'était rien passé. C'est quand même sa stratégie de campagne qui a été visée, qui a été invalidée et qui place aujourd'hui l'UMP, dans une situation financière encore plus délicate, que celle - déjà - dans laquelle elle était ! Nicolas Sarkozy est donc tout simplement - depuis jeudi - dans la position du politique qui assume ses responsabilités, qui assume ses combats passés et qui se plante devant ses troupes - en tête - pour mener cette nouvelle bataille... C'est très bonapartiste finalement comme comportement. Le chef est toujours là, au premier poste, pour défendre son parti. C'est typiquement le mode de fonctionnement du RPR, de Jacques Chirac... C'est ce qu'a vu faire Nicolas Sarkozy et c'est ce qu'il reproduit aujourd'hui. Avec un avantage de taille : maîtriser les débats, éviter que les langues se délient ! Autrement dit, en étant présent cet après-midi au bureau politique de l'UMP, Nicolas Sarkozy s'assure - surtout - que personne ne s'en prendra à lui…

Et en reprenant la tête des opérations, l'ancien président réapparaît presque comme le chef du parti... Il pourrait être tenté de le rester... Et on assisterait donc bel et bien à son retour en politique...

Pas tout à fait... Pourquoi ? L'ancien Chef de l'Etat rejoue - c'est vrai - au meneur d'hommes. Mais au meneur d'hommes, qui a été contraint de redescendre dans la mêlée... Ce sont les circonstances - des circonstances "particulières" - qui l'ont poussé à se retrouver au cœur du jeu... Voilà ce qui s'est passé, sauf que Nicolas Sarkozy, lui, ne veut pas de cette stratégie défensive. Ce n'est pas du tout le scénario qu'il a imaginé... L'actuel retraité de la politique rêve de repartir, oui, mais en passant à l'attaque en montrant, démontrant et prouvant que ses idées, son énergie, c'est ce dont la France a besoin. Or, c'n'est pas du tout la position dans laquelle il se trouve en ce moment. Non, pour l'instant, Nicolas Sarkozy a quelques 11 millions d'euros à dénicher ! C'est le défi qu'il s'est lancé. C'est la somme que l'UMP aurait dû légitimement récupérer si ses comptes de candidat avaient été validés. Mais cet objectif est à "double tranchant"... Soit, il atteint cette somme - imaginons même - qu'il la dépasse, et la dynamique du retour de Nicolas Sarkozy est irrémédiablement enclenchée, cela signifierait qu'il aurait réussi à mobiliser au-delà des cercles militants. A l'inverse, s'il rate ce rendez-vous, qu'il a lui-même fixé avec l'UMP, il le sait, la primaire de 2016 sera devenue alors, extrêmement dure à aller chercher...

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