Carine Bécard

En pleine conférence sociale, Manuel Valls fait face aux syndicats... A l'Assemblée, il fait face à sa majorité la plus à gauche : les frondeurs... Mais pour tout cela n'en fait pas forcément un social-libéral...

Durant ses 100 premiers jours passés à Matignon, Manuel Valls a montré de lui une multitude de visages économiquement parlant très différents... Il a d'abord, souvenez-vous, redistribué un peu de pouvoir d'achat pour quelques 5 milliards d'euros... tout en repoussant plus récemment d'un an (à la grande satisfaction des patrons) la mise en œuvre du compte pénibilité pour les salariés, dans le décompte de leur retraite...

De la même façon, Manuel Valls a rompu le dialogue avec la CGT-Cheminots mais laissé sa porte ouverte à la CGT-Spectacles... Et puis, un dernier point : il a toujours tenu un discours largement tourné vers les entreprises mais cela ne l'a pas empêché pour autant, de renationaliser partiellement - comme cela a été dit abusivement - la société Alstom...

Autrement dit, à première vue, la politique économique menée par l'actuel Premier ministre part "dans tous les sens" !

En réalité, Manuel Valls est un pragmatique qui estime que la question qu'il doit se poser, ce n'est pas de savoir s'il faut être pour une politique de l'offre, ou pour une politique de la demande, c'est à dire soit l'une, soit l'autre ! Non, pour Manuel Valls, il est parfois possible ou nécessaire de choisir les deux. Etre à la fois du côté de l'offre et du côté de la demande : savoir aider les foyers les plus modestes... et savoir soutenir les entreprises quand leurs marges se réduisent !

Depuis 100 jours qu'il est installé à Matignon, le Chef du Gouvernement fait des gestes d'un côté, de l'autre... en fonction de ses intérêts politiques... en fonction des signaux politiques qu'il souhaite envoyer à sa majorité... C'est toute la différence entre Manuel Valls et les frondeurs du Parti Socialiste... Lui, se veut pragmatique quand eux restent avant tout, idéologiques. Valls au contraire, revendique de ne pas avoir d'idéologie.

Maintenant, la question c'est de savoir si cette politique économique, si ce pragmatisme, convient aux Français?

Cela n'a pas l'air de leur déplaire !

Manuel Valls, qui est considéré comme le Premier ministre le plus à droite de la gauche, n'a presque pas vu sa cote de popularité chuter depuis qu'il a été nommé. François Hollande est à peine à 20% d'intentions favorables, quand son chef du gouvernement frôle - presque toujours - les 50%... C'est deux fois et demie de plus que le Président... Autrement dit, malgré l'impopularité record du chef de l'Etat, et malgré une fronde dans la majorité qui réclame une politique vraiment plus à gauche, Manuel Valls continue d'être apprécié et suivi par les Français. Pourquoi ? Parce qu'il donne l'impression de savoir faire, de savoir jouer son rôle de Premier ministre d'être tout simplement compétent ! Donc peu importe sa "couleur économique", le plus important, pour l'instant - le plus rassurant pour les gens - c'est qu'il se montre à la hauteur de sa fonction.

Le problème, c'est qu'a priori cela ne peut pas durer très longtemps. Tôt ou tard, Valls, malgré son pragmatisme, devrait s'user dans l'exercice du pouvoir... et Hollande devrait finir par engranger quelques résultats qui sont aussi les siens.

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