Nous sommes à la veille d’un renouvellement politique beaucoup plus important que prévu…

Oui, quelque soit le résultat, c’est à un renouvellement sans précédent depuis, sans doute, le début de la Vème République auquel nous allons assister. L’entrée en vigueur de la loi sur le non cumul force même les partis d’avant, LR, le FN et le PS (qui, soyons juste envers ce dernier est à l’origine de la loi) à proposer de nouvelles têtes. Bien sûr, le gros contingent de bleus du parlement est attendu du côté de LREM… même si parmi les candidats, présentés comme nouveaux, se cachent quelques briscards recalés d’investitures des anciens partis. Mais l’arrivage de macroniens en masse fournira quand même une nouvelle génération. Le profil de ces candidats ne représente pas plus la sociologie des Français que l’Assemblée sortante mais promet de faire entrer une plus grande diversité des métiers et surtout des métiers exercés encore récemment. Parce que combien de parlementaires actuels, dits médecins, agriculteurs ou enseignants ont soigné des malades, trait des vaches ou corrigé des copies, ces dernières années ? Cette fraîcheur de l’expérience professionnelle, syndicale ou associative ne pourra que faire du bien à la représentation nationale. La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon n’est pas en reste question renouvellement. Les sondages et l’isolement politique entretenu par l’ancien candidat à la présidentielle empêchent, sans doute, d’envisager une arrivée aussi massive que le bon score du 7 mai laissait augurer, mais les députés de LFI seront aussi des militants associatifs, des auto-entrepreneurs, des fonctionnaires dont l’expérience sera bienvenue dans l’élaboration des lois et le contrôle de l’exécutif. On ne peut pas râler en permanence contre l’endogamie de la classe politique, sa reproduction à l’infini à cause des logiques d’appareils et du cumul, et ne pas se réjouir de voir entrer une armée de nouvelles têtes dans l’hémicycle.

En quoi les nouveaux députés seraient plus vertueux ou plus efficaces que les anciens ?

Ils ne seront pas plus vertueux mais ils seront issus de mouvements tout neufs, encore vierges –pour quelques temps- d’esprit de baronnies et de réflexes politiciens. Mais attention, le renouvellement n’est pas positif en soit. Ce peut être une réussite ou un ratage ! Ça dépend beaucoup d’Emmanuel Macron, lui-même. De l’idée qu’il se fait du pouvoir législatif. Si le Président dispose d’une large majorité… qu’en fera-t-il ? Une armée de petits soldats ? Des godillots comme on disait des clones gaullistes univoques de l’Assemblée post 68 ? C’est le risque, ce serait la facilité. La Vème République est tellement pratique pour l’exécutif ! On peut espérer une assemblée diverse, capable surtout de contrôler l’application des lois et de faire vivre les débats sans caporalisme ni fronde paralysante ? La violence et la colère, contenues dans la société doivent pouvoir être canalisées et s’exprimer dans une Assemblée vivante. Pour l’instant, Emmanuel Macron nous a montré qu’il était à l’aise dans l’exercice vertical du pouvoir de l’exécutif. Le macronisme est-il vraiment novateur, au-delà d’une capacité d’incarnation et d’une communication très maîtrisée ? Ce sera surtout par sa volonté de revivifier la démocratie ou non…, et d’abord, donc, au Parlement, que l’on pourra en juger.

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