Mais auparavant, il faudra faire un effort de lucidité même si on peut concevoir que le maintien de l’ordre dans un contexte social de plus en plus complexe ne soit pas chose aisée. Retour sur les propos du préfet de Police sur l'absence de racistes dans la police et sur son exemplarité en toutes circonstances.

Oui, les  polices de nombreux pays. Toutes n’ont pas les mêmes cultures, les même  histoires, les mêmes méthodes… ni les mêmes missions. La comparaison  entre la police américaine (très décentralisée, diverse) et la police française (centralisée) n’a pas lieu d’être mais ces impressionnantes manifestations dans le monde entier (qui ont un objet beaucoup plus large, le racisme) auront avant tout, dans certains  pays comme en France, une répercussion sur la police.

En France, parce que si la police est largement populaire, le  mouvement des Gilets Jaunes a quand même changé la perception des forces de l’ordre et surtout, la jeunesse, (plus seulement des quartiers  populaires) a peur de la police de plus en plus armée, depuis les attentats, plus présente dans l’espace public, avec un  accoutrement guerrier qui signe sa conception du maintien de l’ordre.  

En France, la police (en tant qu’administration) bénéficie d’un soutien sans faille des autorités politiques. Soutien qui parait inconditionnel du ministre de l’Intérieur. Ne dit-on pas, d’ailleurs, du locataire de la place Bauveau qu’il est le premier flic  de France ? Dirait-on du ministre de l’Education qu’il est le premier prof de France ? Et donc qu’il épouse forcément la logique, parfois corporatiste, de ses fonctionnaires ? On attend d’un  ministre qu’il applique une politique, celle pour laquelle il a été  désigné. Parfois qu’il secoue ses troupes. Il y a souvent des conflits  naturels entre les ministres et leur administration, ou tout du moins, il y a un chef et des exécutants.

Pas au ministère de l’intérieur ?

Très  rarement, comme si le gouvernement avait peur de sa police… Et ça ne  concerne pas simplement Christophe Castaner… Comme si les policiers  étaient les chefs et le ministre simplement leur porte-parole. Il y a, en plus, un bénéfice politique à apparaître autoritaire (relais  de la police) à la tête de ce ministère régalien… Il suffit d’entendre le discours du Préfet Lallement, préfet de police qui se prend pour un  policier plus que pour le représentant du gouvernent, quand il dit à ses troupes, par mail son soutien, il y a quelques jours,  sans aucune allusion directe à la moindre bavure… je cite : 

Je ne laisserai pas salir l’institution, dont le rôle, dans les grands moments de l’histoire de ce pays, a été essentiel.

Et, plus loin : 

Il n’y a pas d’oppresseurs racistes dans la police.

On peut concevoir que le maintien de l’ordre dans un contexte social de plus en plus complexe (et sous la surveillance constante des réseaux  sociaux) ne soit pas chose aisée… Mais que le préfet de police dise tout simplement qu’il n’y a pas de racistes dans la police et qu’en toutes circonstances de l’histoire, la police était exemplaire…(exit Charonne, exit les massacres d’Algériens en octobre 1961, sans parler de l’Occupation…) La police est une institution utile, la plupart du temps au service des citoyens,  mais nier à ce point son histoire, une certaine dérive actuelle prouve que son principal problème se trouve surtout à sa tête, et à sa tête politique.
 

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