Vous vous intéressez ce matin à la petite musique du moment qui chante la reprise économique !

Oui, cette musique est jouée par un orchestre plus ou moins harmonieux, composés d’experts, d’économistes, de journalistes, de Dominique Seux, peut-être même d’Aurélie Trouvé. La partition qui permet à tous ces brillants concertistes de souffler dans leurs trompettes, frotter les cordes de leurs violons ou d’entrechoquer leurs cymbales, ce sont des chiffres, des indices, des courbes, qui ont évolué favorablement ces derniers temps. Et cette petite musique, ainsi produite, a une vertu : rien que d’être jouée, elle peut accentuer l’embellie qu’elle décrit. Comme un rythme entraînant ferait lever et se trémousser les invités d’une fête, la petite musique de l’optimisme économique a le don de transformer l’ambiance du pays. Rassurez-vous, je ne profite pas de ce vendredi, (jour sans Philippe Lefébure) pour faire une chronique économique. Mais si l’ambiance du pays changeait… ça aurait des conséquences politiques. Pour que l’optimisme ne soit pas seulement celui des ministres, de quelques grands patrons, des économistes, de Dominique Seux ou d’Aurélie Trouvé, il faudrait quand même de réelles améliorations du pouvoir d’achat et surtout de l’emploi.

C’est donc une question politique : allons-nous sortir de la sinistrose qui plombe le pays depuis tant d’années ?

Il y a, en politique comme en économie, des cercles vertueux, des moments de confiance qui s’auto-alimentent. Mais pour que la majorité puisse en profiter et voir les courbes de popularité de ses leaders suivre celles de l’économie, il faut que l’opinion ait le ferme sentiment que l’action gouvernementale y est pour quelque chose ! Et ça, ce n’est pas gagné. Parce que, selon la formule rabâchée, « l’alignement des planètes » est un alignement de planètes, loin dans l’espace, hors de portée de nos gouvernants. Taux d’intérêt historiquement bas, euro quasiment à parité avec le dollar, pétrole bon marché sont des facteurs dits « exogènes ». François Hollande, explique que toutes ces réformes (pacte de compétitivité, CICE, loi Macron) sont faites pour accentuer les effets bénéfiques du cycle économique. Ou même pour créer les conditions favorables à son enclenchement. Bref dans cette période de soupçon d’impuissance publique, le Président aimerait bien que l’on reconnaisse qu’il est au moins, ou la poule, ou l’œuf ! Et dans ce cadre, il y a un élément de langage, particulièrement savoureux. En fait toute cette chronique est faite pour en arriver là, pour souligner le mot de Michel Sapin. Le ministre des finances, commentant la baisse de l’Euro, c’est à dire, tentant de mettre des paroles gouvernementales sur la petite musique, a dit ceci : « la baisse de l’Euro, nous la voulions ! Elle est là ». Du grand art de la suggestion ! C’est l’application de la fameuse maxime « quand vous ne maîtrisez pas les évènements, feignez d’en être les organisateurs »… Le beau temps ? Hier soir je l’ai voulu, eh bien ce matin il est là !

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