Les doutes des macrioniens de gauche...

Tout ce que fait Emmanuel Macron - peu ou prou - avait été annoncé mais si la détermination était affichée, la façon verticale et jupitérienne de gouverner n’était pas prévue et le cœur de la promesse macronienne n’est pas tenu. Il est trop tôt pour juger les résultats, mais assez pour juger des orientations. L’idée, c’était de changer d’ère, de faire entrer notre société dans le XXIème siècle, en inventant d’autres droits, plus adaptés à un monde ouvert et évolutif. Troquer les droits formels, attachés à des statuts, par des droits dits réels, attachés à chaque individu, pour permettre à tous de rebondir et aider ceux qui ne sont pas dans le système à l’intégrer. C’était assez théorique… mais les électeurs pouvaient déduire du discours du jeune candidat qu’il y aurait de l’imagination sociale, de quoi libérer les énergies, désenclaver les banlieues par exemple. Seulement, de la flexi-sécurité on ne voit, pour l’instant, que la flexibilité. Ce constat d'hémiplégie politique s’applique aussi à l’immigration, l’éducation, l’environnement. Les progressistes n’y trouvent pas leur compte. Samedi, dans le Monde, une tribune de plus signée par le secours Catholique, la fondation Abbé Pierre ou Louis Gallois le président de la fédération des associations de réinsertion, soulignait leur déception. Ces associations avaient compris que le président dit du «nouveau monde» les écouterait, s’appuierait sur leur expertise. Ce n’est pas le cas. Le plan «grande pauvreté» était attendu pour le 15 avril… pas de nouvelles. En revanche, le monde associatif qui s’occupe des plus pauvres sur le terrain sent venir le coup de rabot financier. L’image du président des riches s’est installée.

Et les parlementaires LREM aussi s’impatientent !

Oui, en cette période de ponts, ils sont dans leurs circonscriptions et entendent les récriminations. Les élus de circonscriptions de gauche surtout ! Richard Ferrand, le président du groupe, l’assure, la jambe gauche sera bientôt lancée. Par exemple avec la loi Pacte. Ce projet destiné à redéfinir l’entreprise, plus responsable en matière sociale et écologique. C’est un texte symboliquement fort mais à la portée concrète et juridique encore incertaine. Il est issu d’un rapport signé par Nicole Notat et Jean-Dominique Sénard… Pour l’instant, le ministre de l’Economie n’en retient qu’une partie mais les députés LREM promettent d’adopter toutes les recommandations du rapport, au grand dam de Pierre Gattaz. Pour une fois ! Le gouvernement pourrait y consentir. Ce n’est pas grand-chose… Les électeurs macroniens de gauche sont en train de réaliser, tout simplement, que la réalité politique du pays n’est pas de leur côté. La France est majoritairement de droite ! Le caractère un peu accidentel de l’élection d’Emmanuel Macron l’a un peu masqué. Mais le président et le gouvernement en tiennent compte et finalement arrivent à réformer. C’est d’ailleurs sans doute pour ça que le couple de l’exécutif reste, malgré tout, à un niveau de popularité certes minoritaire  mais bien supérieur à n’importe lequel de ses opposants… 

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