C'est aujourd'hui la journée internationale de la femme. Evidemment on en parle beaucoup sur l'antenne de France Inter ce matin. Et dans l'Edito, il est question des femmes en politique. Depuis hier, les candidats ne parlent que d'elles, n'ont d'yeux que pour elles ! Elles ? Les femmes ! La moitié de la population française, au bas mot, mieux : la majorité du corps électoral, elles sont 3 millions de plus que les hommes. C'est évidemment le moment où jamais de les convaincre qu'il n'y a pas meilleur défenseur de leur cause que soi. Tout le monde s'y met ; avantage évidemment à Ségolène Royal, elle était hier à Dijon pour un meeting baptisé "Alors viendra le temps des femmes" ; Nicolas Sarkozy va dégainer aujourd'hui ce qu'il espère être l'arme absolue anti Bayrou, c'est une femme Simone Veil ; Dominique Voynet a discuté hier soir dans un café parisien des conditions de vie quotidiennes des femmes, Marie-Georges Buffet rencontrera cet après-midi des salarié... ées. Formidable, ils, elles s'intéressent à la vraie vie des femmes, conditions dans l'entreprise, et salaires inégaux. Un petit rappel quand même, le monde politique est tout sauf exemplaire. Malgré une loi imposant la parité, il n' y a que 71 femmes députés sur 577. La France est au 84 ème rang mondial. Allez, cessons cette humeur chagrine : et si 2007 était l'année du changement ? Pourquoi ? Parce qu'il n'y a jamais eu autant de femmes candidates à la présidence de la république. Parce que pour la première fois, une femme pourrait être élue. Pas sûr, qu'en toute hypothèse, la victoire d'une femme change tout à la condition des femmes, ni même qu'il y ait une pratique féminine du pouvoir. Mais une femme à l'Elysée, quoi qu'en pensent de nombreux hommes, serait en soi, un changement radical, au moins de notre représentation du pouvoir. Mais être une candida-te n'est pas encore une sinécure. Elles sont les seules à retrouver des bulletins de vote à leur nom, au soir des dépouillements, biffés d'insultes ou de dessins pornos. Elles sont les seules, quand elles font campagne dans la rue à s'entendre interpeller : "tu ferais mieux de t'occuper de tes gosses"! Un chasseur a cru bon, il y a peu de temps, devoir expliquer à Dominique Voynet, que l'avantage de la poupée gonflable sur elle, c'est que la poupée au moins ne parlait pas. L'entourage de Ségolène Royal raconte lui combien la candidate a été traumatisée de devoir subir à une ou deux reprises, des mains baladeuses dans la foule de ses entrées de meetings... jamais un homme n'a eu à subir de tels outrages ! Mais le plus agaçant, c'est peut être encore d'entendre ces hommes, ministres, élus, hauts responsables de partis, murmurer "vous trouvez pas qu'elles en jouent beaucoup de leur côté femme???", sans se rendre compte que ça fait des siècles, qu'on n'ose pas leur reprocher "d'en jouer beaucoup de leur côté homme" pour s'accaparer le pouvoir. Allez rendez-vous l'année prochaine, pour se demander si quelque chose a changé.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.