**Les élections régionales s’annoncent mal pour la majorité.Oui, ce qui sera intéressant dès dimanche soir ce sera, entre autre d’observer le poids de l’UMP. L’UMP c’est la majorité présidentielle et tous les autres, l’extrême droite, le centre et la gauche sont radicalement opposés à la politique menée en ce moment. Déjà, que la majorité présidentielle soit estimée en ce moment entre 27 et 32% dans les sondages -et sans alliés- c’est très faible. Normalement ce n’est pas tenable. La constitution a ses défauts mais elle a aussi ses outils pour rééquilibrer les situations politiques à ce point incertaines. Quand rien ne va plus le président a, disons, deux solutions (on exclut la dissolution). La première n’a rien à voir avec la constitution : Il peut s’adresser solennellement aux français pour expliquer qu’il réoriente son action dans un sens qui ne le met pas en porte à faux avec ce pourquoi il a été élu, mais qui intègre tout de même le message des Français… Normalement ça se tente... L’ennui c’est que là, on ne voit pas quel peut être le poids dramatique d’une parole présidentielle de plus. Nous sommes noyés, depuis deux ans et demi, sous une avalanche d’annonces et de propos présidentiels quasi quotidiens, qui feraient d’une déclaration solennelle, rien d’autre qu’une déclaration de plus ! Deuxième solution : changer de gouvernement !Oui, le gouvernement gouverne, dit en gros l’article 20. Donc, quand on veut réorienter la politique, on change de premier ministre. Mais là encore, pourquoi changer un premier ministre plus populaire que le président ? Quand on coule une bielle on ne change pas les roues. Et il se trouve (et là c’est la logique plus la constitution qui veut ça) que le premier ministre ne peut pas changer de président ! Il y a bien une solution un peu cosmétique envisagée par certains à l’Elysée. Elle est évoquée ce matin dans le Figaro qui se fait le conduit quasi officiel de fuites bien organisées. Donc « il se dit au château »…c’est comme ça qu’on dit quand on est autorisé à dire ! Il se dit que certains plaident pour un gouvernement resserré. Le président serait content de ses principaux ministres, parait-il. Il est bien obligé parce qu’il sait aussi que les changer ne changerait rien…la politique se fait à l’Elysée. Au-delà de la simple description du casse tête politique devant lequel risque de se trouver Nicolas Sarkozy, il y a une réflexion à avoir sur la place du président depuis que le mandat a été réduit à cinq ans. La concomitance du mandat de la majorité parlementaire et de celui du président aboutit-elle inéluctablement à ce que le président soit au devant de la scène en permanence, comme un chef de gouvernement et de la majorité, ou bien, est-ce simplement la personnalité de Nicolas Sarkozy qui veut ça ? De nombreux constitutionalistes se penchent sur cette question depuis 2007. La réponse généralement avancée ne nous avance pas beaucoup, c’est : « un peu des deux ! ». Si la première hypothèse est vraie, alors il faudrait envisager une solution pour rééquilibrer les institutions : le responsable de la politique au quotidien doit pouvoir être sanctionné d’une façon ou d’une autre par le parlement pendant tout son mandat ! Mais un président élu directement par le peuple ne peut pas être responsable devant le parlement ! Nous voilà bien ! A moins que, cette situation ne soit due qu’à l’attitude d’un président hyperactif… Et qu’au fond, quinquennat ou pas, rien n’empêcherait Nicolas Sarkozy d’être un président-arbitre et attentif à calmer les passions. Etre enfin Président, c’est peut-être ça la solution pour après les régionales ! Le veut-il, le peut-il ? On a du mal à le savoir (il avait dit qu’il se tiendrait en dehors de la campagne des régionales, et finalement il y a sauté dedans à pieds joint)…on dirait, en tout cas en lisant le Figaro-messager de l’Elysée ce matin que la présidentialisation classique soit envisagée, je cite le figaro qui cite le président plaidant pour « une république apaisée »… le veut-il vraiment ? Le peut-il ? Voilà qui alimentera notre chronique, ces prochain mois…**

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