Le rapatriement en France des djihadistes français détenus par les forces kurdes dans le nord-est de la Syrie est un casse-tête pour le gouvernement.

L’edito politique et vous avez essayé de comprendre la position du gouvernement sur le retour de djihadistes.   

Merci Nicolas de préciser essayer. Car je ne suis pas sûr d’avoir tout compris. Mais je vais essayer de faire un travail de synthèse et de pédagogie déjà pour vous expliquer les allers-retours des ministres sur un sujet que l’on pourrait qualifier de sensible.  

Dernier épisode. Mercredi soir. Le rapatriement en France des djihadistes français détenus par les forces kurdes dans le nord-est de la Syrie. Edouard Philippe le conditionne à une modification de l'équilibre des forces sur le terrain qui provoquerait la fuite et l'éparpillement de ces combattants.  En clair. Ils ne seront pas rapatriés. Sauf si la situation politique là-bas venait à changer. Et dans ce cas oui il y aurait une crainte  de dispersion et de la libération de ces ressortissants français.  

Pourtant opposée de longue date à leur retour sur le sol français, la France n’avait pas exclu ces dernières semaines leur rapatriement sans condition… surtout depuis l’annonce d’un retrait des troupes américaines de Syrie . Afin d’éviter que ces djihadistes ne se retrouvent “dans la nature”, la ministre de la Justice Nicole Belloubet avait notamment exprimé début février sa “préférence” pour leur rapatriement. Surtout qu’une fois sur le territoire français, ils seraient immédiatement jugés et poursuivis. Edouard Philippe, vous savez, on en parlait il y a quelques instants avait appuyé cette position.  

Oui mais patatra. Lors d’un débat avec des élus de la région Grand Est à l’Elysée, Emmanuel Macron a assuré que la France n’avait pas de programme de retour prévu pour les  ressortissants français partis rejoindre les rangs de l’Etat islamique (EI). Fermez le ban. Les associations spécialisés ont failli s’étouffer.  Et depuis de nous expliquer que la position française n’a jamais changé.  

Alors question. Je la pose. Est-ce parce qu’entre temps les français ont été interrogés et qu’à une écrasante majorité, ils sont opposés au retour des djihadistes français ? A trois mois des élections européennes, la question s’est invitée dans le débat en France. Laurent Wauquiez, Marine le Pen ont notamment appelé à plusieurs reprises l’exécutif à ne pas les rapatrier.  

Concrètement?

Au-delà des considérations politiciennes, que devons nous faire respecter ? Notre droit ou la loi du talion ? Ce serait donc Œil pour œil dent pour dent. 

Sur le nombre. 120 personnes concernées. Les mineurs sont une grande majorité. Et parmi ces mineurs, selon les associations, 90% ont moins de 5 ans. Il y a beaucoup d’excitation autour de ces enfants.  Les structures de protection de l’enfance ne sont elles pas aptes à les accueillir ?  Mais céder à cette tentation, n’est ce pas un repli ? Oui il y a une complexité, oui c’est sensible. Mais quels sont les principes qui régissent la république ? Le droit au procès équitable, les droits de la défense. Peu importe les qualifications d’infraction.  Qu’est ce qui nous laisse croire et penser aujourd’hui le Kurdistan irakien garantit de tels procès ? Que les peines encourues seront effectivement et durablement exécutées ?  

Surtout en France il existe un arsenal juridique. Depuis 2012, les juges antiterroristes peuvent poursuivre un suspect n’ayant jamais commis de délit sur le sol français et n’étant visé par aucune plainte. Elles concernent directement les djihadistes, qui en rentrant seront jugés.  Pour Jean Marc Borello, le président de SOS et farouche partisan de leur retour pour qu’ils soient jugés :"Ce n’est pas une exigence au regard de nos principes . C’est une responsabilité que nous devons assumer au nom de la continuité de notre récit collectif, une démonstration que la République est plus forte que le djihadisme, un impératif de sécurité et enfin une preuve de la résilience de notre pays après les attentats qui l’ont endeuillé". Que dire de plus

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