Une chronique de Françoise Degois. Dernier débat télévisé hier soir, entre les 3 candidats socialistes. Un premier bilan, ce matin. Ces débats télévisés n'ont disqualifié personne. S'il s'agissait de mettre hors jeu l'un des compétiteurs, alors c'est raté. Ségolène Royal, qui devait, selon ses concurrents, manger le pain noir du réel après avoir dégusté le pain blanc du virtuel, Ségolène Royal, a démontré, à chaque fois, qu'elle n'avait pas à rougir de ses compétences. S'il s'agissait de prouver qu'on peut se confronter sans se déchirer, alors, c'est parfaitement réussi. Mais ce qui est le plus intéressant, au fond, c'est le portrait qui se dessine de chacun des candidats après ces débats. Il y a d'abord Laurent Fabius, le classique. Que ce soit sur l'économie, l'école, la laïcité, la République et hier soir sur les questions internationales, Fabius n'a pas quitté d'un centimètre l'orthodoxie socialiste. De plus en plus à l'aise au fil de ces confrontations télévisées, l'ancien premier ministre termine sa campagne en force. Hier, il a clairement pris l'avantage sur l'international, parfaitement maître de ses sujets, parfaitement logique dans sa démarche européenne, parfois un peu donneur de leçon mais toujours très clair, sur le Moyen-Orient, ou la défense. Fabius a fait la démonstration, mais qui en doutait qu'il peut incarner la fonction présidentielle. Il y a ensuite Ségolène Royal, l'anticonformiste. Jamais Royal n'a pas cédé à la tentation de la prudence. Prise de risque sur les 35h00 lors du débat sur l'économie. Prise de risque sur toutes les questions de sociétés, un débat qu'elle a largement dominé. Et hier soir, sur le dossier lourd du nucléaire iranien. Là, elle s'est montrée plus radicale que Fabius et Strauss-Khan, en refusant, malgré la signature du traité de non prolifération par l'Iran, en refusant l'accès du pays au nucléaire civil tant que le régime n'a pas évolué. Car qui dit accès au nucléaire civil dit contrôle de l'enrichissement de l'uranium. Si elle a démontré hier soir, qu'elle a une vision claire, notamment sur le Proche Orient et la relance européenne, on l'a sentie plus vigilante, plus tendue, qu'à l'accoutumée. Il y a enfin Dominique Strauss-Khan, le pédagogue. Cohérent de bout en bout dans sa démarche social démocrate. Après ces 3 débats télévisés dans lesquels il n'a commis aucune faute, DSK impose une autre image. Il abordait cette compétition dans la peau d'un brillant ministre. Il achève son parcours d'obstacle en ayant gagné en épaisseur. Hier soir, on a retrouvé sa conviction européenne, avec sa proposition de relance du couple franco allemand. Strauss-Khan a également pris un risque sur l'élargissement au Maghreb. A chaque fois, beaucoup de pédagogie pour imposer son point de vue. Offensif, pas agressif. Jusqu'au bout, il aura joué le candidat de synthèse. Dernier débat, demain à Toulouse, cette fois devant les militants, et puis vote… Et après, est ce qu'on répare les pots cassés ? Plutôt ébréchés que cassés. Hier soir, le débat était courtois et il devrait le rester, demain, à Toulouse. Si chacun fait preuve de sagesse comme si, à l'approche du vote, les 3 candidats ne voulaient pas insulter l'avenir de celui ou de celle qui sera désignée. Car ils le savent tous, après le 16 ou le 23 novembre, réconciliation obligatoire pour attaquer la vraie bataille : la confrontation avec Nicolas Sarkozy.

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