Vous évoquez ce matin Hollande, Obama, les présidents Français et l'Oncle Sam...

La relation entre les présidents de la Vème république et leurs homologues américains n’a pas toujours été simple. Et celle entre Barack Obama, réélu, et François Hollande, en place depuis six mois, a débuté dans une parfaite entente cordiale. Le chef de l’Etat a adressé hier, par lettre, ses chaleureuses félicitations au président américain, provoquant au passage quelques railleries pas bien méchantes sur le Net, au sujet de sa note écrite à la main, en bas de page, « friendly, François Hollande ». Sans doute voulait-il dire « amicalement ». Mais « friendly » est un adjectif, qui signifie : « sympathique ». La lettre exposée sur son compte Twitter ne sera pas retirée. « Autant assumer jusqu’au bout », expliquait hier soir l’Elysée, à propos de cette anecdote, sympathique elle aussi, qui renvoie au « sorry for the time », glissé par Nicolas Sarkozy, accueillant Hillary Clinton, en 2010, sous la pluie, à l’Elysée.

L’ex-président français avait eu un peu de mal avec Barack Obama ?

A peine élu en 2008, Barack Obama a occupé tout l’espace, faisant de l’ombre à Nicolas Sarkozy, qui s’était mis en avant dans la crise géorgienne. L’année suivante, le couple Obama, en visite pour commémorer le débarquement, snobait un dîner élyséen pour s’échapper dans un restaurant parisien. Le climat s’est réchauffé par la suite, Nicolas Sarkozy donnant dans le « mon ami Barack », jusqu’à cette visioconférence d’avril dernier où le chef de l’état lançait : « we will win Mister Obama, you and me together ». Barack Obama a gagné tout seul. Et François Hollande a plutôt réussi ses premiers pas à Washington, le 18 mai dernier, malgré son annonce du retrait des troupes françaises d’Afghanistan. Le courant est passé, la relation se déclinera désormais dans un style plus sobre.

Les américains n’ont pas toujours été nos amis.

A commencer en 1966, quand le Général de Gaulle a décidé le retrait de la France du commandement militaire intégré de l'OTAN. Une trentaine de bases US ont dû rapidement plier bagages. 37 ans plus tard, en 2003, c’est encore un président gaulliste, Jacques Chirac, qui a fâché l’Amérique et son président Georges W Bush, en disant non à la guerre en Irak.

Au final, le plus américain, dans les faits, c’est un paradoxe, aura été socialiste. François Mitterrand, déclarant en pleine crise des missiles en 83: « les fusées sont à l'Est, les pacifistes à l'Ouest ! ». C’est le même François Mitterrand, qui en janvier 91, au côté de Bush père, a dit oui à la participation de la France à la coalition internationale contre Saddam pour aller libérer le « KoVeït », comme il disait – Jean-Pierre Chevènement, qui a donné sa démission du ministère de la défense, s’en souvient.

Tout cela est du passé. L’entourage diplomatique de François Hollande parle aujourd’hui d’une relation qui se voudrait forte et étroite avec les Etats-Unis… les sujets de conversation avec le président Obama ne manquent pas : fiscalité, budget, emploi risque de récession… tout cela n’est pas très friendly, mais les deux présidents ont les mêmes préoccupations et vont peut-être parler d’une même langue…

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