Donc c’est Yannick Jadot qui représentera l’écologie pendant la campagne 2017

Oui, et c’est une surprise puisqu’il était le favori de ce deuxième tour. Voilà bien une phrase qui, normalement ne veut rien dire « le favori a gagné, c’est une surprise » hé bien chez EELV elle a un sens ! Yannick Jadot, selon la logique de l’écologie politique en France depuis Antoine Weachter, dans les années 90, aurait dû se faire massacrer par les siens. Les derniers à y être passés sont Nicolas Hulot et Cécile Duflos. EELV, c’est comme une mente religieuse qui dévore ses propres représentants… Sauf quand il s’agit d’un chef qui ne voulait pas l’être ou que personne ne peut reconnaitre dans la rue… Et encore, Pascal Durant, qui n’est pas ce que l’on peut appeler une star, avait, lui aussi été dévoré, en son temps, par le tout petit mais si féroce appareil. Sort que devrait, en toute logique, subir dans un délai raisonnablement court, David Corman, le patron actuel du mouvement. Yannick Jadot, lui, doit tenir jusqu’à l’élection… On ne lui souhaite pas un destin à la Alain Lipietz, candidat de 2002 abandonnée en pleine campagne. Mais il a peut-être trouvé le truc pour ne pas déplaire à ses pairs, toujours plus ou moins rétif, par culture groupusculaire, au pouvoir ou à la notoriété…Il leur a dit (quelle trouvaille géniale !) qu’il n’allait pas gagner l’élection présidentielle. Les verts seront ravis de soutenir un perdant assumé.

Vous vous moquez des écologistes, c’est un peu facile !

C’est vrai...ce n’est pas compliqué… Et c’est aussi un peu injuste parce que les écologistes sont les seuls à tenter d’inventer le monde de demain en prenant en compte l’évolution de la planète, ses ressources et sa population. Leurs thèses, toujours critiquées au départ, finissent par être écoutées, puis intégrés dans les programmes des autres partis, et parfois dans l’action publique, certes trop lentement. Les écologistes sont souvent, avant d’être des politiques, des membres actifs et engagés du monde associatif (comme Yannick Jadot à Greenpeace). On se moque de leur façon de faire de la politique mais c’est eux, par exemple, qui ont appliqué en premier (bien avant la loi) la parité. Yannick Jadot, lui, a une mission pour cette élection : remettre l’écologie, sujet sans doute plus déterminant pour notre avenir que l’identité, au centre de la présidentielle. En ce moment la droite qui anime la pré-campagne, avec sa primaire, ne parle pas du tout d’environnement. Alain Juppé, par exemple, très écolo dans sa façon de gérer Bordeaux, semble, en ce moment, oublier ce thème. Seul, pour l’instant JL Mélenchon a mis l’écologie dans son programme mais sous forme de planification et dans un schéma protestataire. Dans 7 mois Yannick Jadot ne sera pas président. Mais s’il arrive à imposer la question environnementale, la nécessaire transition énergétique, dans le débat, s’il arrive à prouver que le prisme de l’écologie permet aussi d’envisager les sujets sociaux, économiques et sociétaux, il aura remporté la victoire pour laquelle il a été désigné. A moins… à moins que, comme ils en ont l’habitude avec leurs représentants, ses petits camarades d’appareil, le lâchent, en rase campagne présidentielle.

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