Polémique Pétain, comment le président s’est auto piégé...

Emmanuel Macron a commis une faute... L’Elysée reconnaissait hier soir une maladresse. Et cette maladresse est due à une confusion entretenue par la hiérarchie militaire qui, de façon hallucinante, continue à vouloir honorer le _maréchal Pétain_, malgré l’indignité nationale qui le frappe. Il y a quelques semaines l’état-major avait comme projet d’exposer les bâtons des huit maréchaux de la 1e guerre (dont celui Pétain donc). Ils avaient proposé à l’Elysée que le président vienne s’incliner devant ces reliques. L’Elysée, bien sûr, avait refusé cette idée... Le président ne peut pas rendre hommage au Maréchal frappé d’indignité nationale! L’Etat-major de l’armée a donc changé son fusil d’épaule et décidé d’honorer tous les officiers de la grande guerre, du caporal au maréchal. Cérémonie à laquelle doit assister le chef d’Etat-major particulier du président. C’est en commentant cette idée (et parce qu’il ne résiste pas aux micros qui passent à sa portée) que le président a dit ‘assumer de rendre hommage aux maréchaux de la grande guerre’ et en le justifiant -pour Pétain- par la différenciation de ses rôles en 14 et en 40. En fait il n’y aura, à cette cérémonie, que les 5 bâtons des 5 maréchaux enterrés aux Invalides... et donc pas celui de Pétain. Mais le président, visiblement ne le savait pas ! Il s’est emmêlé les pinceaux... en suite pour se justifier Emmanuel Macron a voulu en revenir à l’histoire: je cite : "Il y a eu des hauts faits de la guerre de 14 mais il y a eu une forfaiture dans la Seconde Guerre mondiale"vérité historique... Mais il n’est pas historien. Il est président et toute parole positive sur Pétain, porte, par la voix du chef de l’Etat, au cœur d’une semaine d’hommages, une part mécanique de réhabilitation. L’histoire n’est pas la mémoire et le président, en mêlant les deux a clairement dérapé. 

Mais ses prédécesseurs aussi avaient honoré le Maréchal de 14 en faisant fleurir sa tombe chaque 11 novembre.

Oui, une pratique qui a cessée en 1992. La mémoire historique est évolutive. Par exemple, en 1966 le Général de Gaulle avait fait le même distinguo entre la ‘gloire’ (c’était son mot) du Maréchal en 14 et son indignité en 40 ! (qu’il attribuait plus à sa sénilités qu’a une dérive politique) Mais c’était avant tous les travaux historiques sur le rôle de l’Etat français dans la déportation des juifs. La sensibilité de la société n’était donc pas celle d’aujourd’hui. Et puis c’était de Gaulle... l’homme du 18 juin. De nos jours, Pétain n’est plus simplement un traitre militaire et politique, il est aussi celui qui a fait rafler des juifs par la police française. Emmanuel Macron a tout simplement confondu histoire et mémoire. Tous ses prédécesseurs, sauf François Hollande, l’avait fait aussi mais sans parler d’hommage assumer au Maréchal de 14. Au passage, ceux qui à gauche conspuent aujourd’hui le président sont aussi ceux qui souvent n’ont rien eu à redire lorsqu’ils ont appris que François Mitterrand avait été décoré de la Francisque et avait fréquenté René Bousquet toute sa vie. La violence de leur indignation est très opportuniste. Mais c’est Emmanuel Macron tout seul, avec un jeu trouble des militaires (et non les médias qu’il accusait encore hier) qui a gâché, en partie, l’effet de sa semaine d’itinérance mémorielle.

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