**Le président se rend au Vatican pour tenter de retrouver la confiance perdue d’une bonne partie des catholiques.Oui, les catholiques pratiquants, qui étaient, au départ largement favorable à Nicolas Sarkozy le sont moins. 74% d’entre eux avaient une bonne opinion du président en 2007, ils ne sont plus que 47% aujourd’hui. Ça reste largement au dessus de la moyenne nationale mais ce chiffre et cette chute sont à relativiser puisque les catholiques pratiquants ne représentent que 4% de la population. En revanche il y a une partie importante, peut être 20 a 30% de la population qui représente l’électorat modéré, qui se présente comme catholique, pratiquant occasionnel ou simplement de culture catholique et qui a très mal vécu l’été sécuritaire, la dénonciation publique des roms, les circulaires et les fichiers et qui ne comprends pas bien cette stratégie du conflit permanent. Cette partie de la population a été particulièrement sensible aux critiques des évêques et à la mise en garde, à peine voilée du pape cet été. Nicolas Sarkozy se devait donc d’envoyer quelques signes. Comme toujours, ça se fait tout en finesse, comme une aquarelle au marqueur rouge et au stabylo boss fluo! La semaine dernière lors d’un déplacement dans l’Yonne, le président s’arrête faire quelques images pieuses dans la magnifique abbaye de Vézelay et puis, donc la visite d’aujourd’hui au Vatican. Pourtant au départ Nicolas Sarkozy était le président de la Cinquième république qui avait été le plus loin dans la connivence avec les chrétiens. Lors de sa première visite à Rome et dans son discours au Latran en 2008, Nicolas Sarkozy avait exposé une vision singulière de la laïcité. C’était le concept de « laïcité positive »...Oui, le Président établissait une hiérarchie dans l’importance que pouvait avoir les curés et les instituteurs pour la formation de la conscience des enfants. Une hiérarchie en faveur du curé. Le président avait même prononcé cette phrase : «Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes. J’assume pleinement le passé de la France et ce lien particulier qui a si longtemps uni notre nation à l’Eglise.» Voila qui sonnait très « France, fille ainée de l’église ». Le concept de « laïcité positive » semblait être annonciateur d’une possible réforme de la laïcité. Il n’en fut rien, comme beaucoup de slogans sarkoziens, « la laïcité positive » a vite été abandonnée. Il reste que le fait d’avoir cru bon d’ajouter « positive » au terme « laïcité », comme pour la « discrimination » (« discrimination positive », autre slogan du président abandonné)…cette idée soulignait en quelle estime le président tenait ce principe qui a pourtant (et pour beaucoup d’élus notamment) rang de quatrième mot du triptyque national : liberté égalité, fraternité…laïcité. Après avoir donc abandonné le terme de laïcité positive, il s’est trouvé, à l’inverse, des responsables de la majorité pour faire un énorme contresens sur ce qu’est vraiment la laïcité en France, en reprochant à des hommes d’église leur critique de l’action du gouvernement en matière d’immigration. La laïcité ne veut pas dire silence des religions et les prêtres critiques de cet été étaient dans leur rôle en exprimant un avis basé sur leur croyance et leur conviction. Ça énerve la droite quand c’est sur l’immigration, ça exaspère la gauche quand c’est sur l’avortement ou la famille mais, exprimer un avis sans revendiquer de prendre part au processus de décision, c’est tout à fait conforme aux règles de la laïcité à la française… Espérons simplement pour le président que le pape n’aura pas lu Le Monde d’aujourd’hui qui affirme que la gendarmerie utilise un fichier illégal visant les Roms et les gens du voyage...**

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