Non-lieu dans l’affaire Bettencourt pour Nicolas Sarkozy. Cette décision change la physionomie de la droite pour les prochains mois…

Un obstacle judiciaire vient de tomber et ce n’est plus un secret : Nicolas Sarkozy reviendra en politique en 2014 au plus tard. Pour l’instant l’ancien président ne réagit pas sauf sur son blog pour dire que la justice l’innocente… Mais on l’entend déjà à la veille de la présidentielle de 2017, après avoir triomphé de tous les obstacles (présentés comme des embûches disposées par ses ennemis sur son parcours), soupirer : « on ne m’aura pas aidé…j’ai dû en surmonter, des épreuves »… Les storytellers et autres bardes de la geste sarkozienne soutiennent même que « l’acharnement » (c’est leur mot) subit par l’ancien président est l’un des moteurs de son retour. Des mises en cause judiciaires, des proches inquiétés, mis en examen… peu importe : le « retournage » de situation est la nouvelle discipline reine de la politique. Nicolas Sarkozy y avait excellé lors, par exemple de l’affaire des onze millions de pénalité pour dépassement du plafond de dépenses de campagne qui lui étaient imputable. Il creuse le trou et ce que l’on retient surtout c’est que sur son nom que l’UMP a pu rembourser ses dettes. Les ennuis judicaires de Nicolas Sarkozy (il en reste) vont être l’occasion de dessiner un combat glorieux du héros couturé de partout contre les puissants, l’appareil, les juges, les médias et autres prétendants de l’UMP. La dramaturgie est à l’œuvre.

On est donc reparti pour un grand classique de la droite… un duel fratricide… cette fois-ci : Fillon/Sarkozy

Oui François Fillon vient d’ailleurs de le confirmer dans le dernier JDD . Il doit assumer l’affrontement avec son ancien patron. Après tout, ça aurait pu être l’occasion d’un débat entre deux conceptions du pouvoir, deux tendances idéologiques. D’un côté, l’énergie d’une droite décomplexée, de l’autre, la sagesse d’un centre droit fédérateur. L’UMP d’ailleurs, en acceptant enfin la création de tendances, commençait à apprendre la démocratie interne. Jusqu’à ces derniers jours, on pouvait se dire qu’au-delà des inévitables chausse-trappes et trahisons inhérentes à la course à l’Elysée, la primaire de 2016, à l’instar de ce que fut celle du PS en 2011, permettrait aux sympathisants de droite de choisir un personne mais aussi une orientation politique ! Visiblement, il n’en sera rien puisque François Fillon, le paisible représentant du centre droit vient de brouiller toutes les pistes par son obsession de faire « bouger les lignes », comme il dit, notamment sur le FN. Du côté de Nicolas Sarkozy, on entend dire, de la bouche de ceux qui le rencontrent, qu’il sera là où on ne l’attend pas… peut-être revenu de la droitisation, positionné plus au centre, voire au centre gauche pour capter les électeurs à prendre… c'est-à-dire les déçus du hollandisme dans la perspective d’un nouveau 21 avril. Comment reviendra-t-il ? Sur quel thème ?…. les idées semblent secondaires par rapport à l’effet qu’elles sont censées produire à leur énoncé. Il faut s’attendre à du contre-pied et à de la triangulation. L’important c’est de surprendre. Quelle posture pour bluffer ? Comment créer l’événement ? Une guerre de mouvement plus que d’idée. L’UMP qui allait vers l’âge adulte avec ses courants de pensées en compétition revient à ses travers bonapartistes, au culte de l’homme providentiel. Bref, tout est fait, à droite, pour que nous assistions pendant les trois prochaines années, entre Sarkozy et Fillon à un beau concours de taille de …de tempérament …!

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