Et maintenant donc, le Kazakhgate… une affaire de plus qui pèse sur Nicolas Sarkozy !

Oui, tout est dans le « Et maintenant une affaire de plus »: le trop plein. On atteint un point particulièrement plombant pour l’ambiance générale du débat public. Et ce trop-plein va engendrer plusieurs sortes de réactions. D’abord, le raffermissement du noyau dur sarkosiste, dans un réflexe de survie. C’est en tout cas ce que tente de susciter l’ancien président. Une réaction que l’on pourrait qualifier de « berlusconienne » : la victimisation. Le coup de l’acharnement politique d’une corporation : les juges. Cette corporation dont un syndicat avait épinglé la photo de Nicolas Sarkozy sur son mur de cons. Corporation qui aurait mal vécu la politique sécuritaire initiée par l’ancien président. Et qui se vengerait. Une défense – un rien « conspirationniste » - d’une certaine efficacité dans le cadre de la campagne interne pour la présidence de l’UMP. En effet, la campagne actuelle ne s’adresse qu’aux seuls 150.000 militants de ce parti appelés à voter en novembre. Des militants enclins à croire (à vouloir croire !) en la cupidité et la partialité des méchants juges de gauche, vous savez, ceux qui relâchent les délinquants toute la journée.

Mais la stratégie de la victimisation a quand même ses limites?

Oui, au-delà du scrutin interne pour les militants pétris de culture du chef et toujours encartés malgré l’année terrible que vient de vivre l’UMP, et sans préjuger des développements possibles des affaires dans les prochains mois, la posture victimaire peut être dévastatrice dans le cadre d’une autre compétition : celle des primaires en 2016. Quand, lors de son dernier meeting à Velizy, Nicolas Sarkozy dit à son auditoire à propos des mises en cause judiciaires « cela a renforcé ma détermination (…). Si l’on voulait que je reste tranquillement dans mon coin, il ne fallait pas agir de cette façon ». Ces mots pour justifier son retour sont d’une maladresse incroyable à ce niveau de la compétition (comme dirait Jacques Vendroux). Expliquer aux Français (qui ont quelques problèmes) que la principale motivation de Nicolas Sarkozy pour revenir demander leur suffrage est la soif d’en découdre avec ceux qu’il désigne comme ses adversaires n’est pas vraiment de nature à provoquer de la compassion, au-delà du cercle militant. Quant à jouer sur le réflexe antisystème et à utiliser le peu de popularité dont jouit la justice, le créneau est déjà très bien occupé par Marine Le Pen. Nicolas Sarkozy avait su, il est vrai, réduire l’influence du FN en 2007 avec un discours aux teintes antisystème, basée sur l’idée de rupture. Mais la posture antisystème d’un ancien président du système est plus délicate à tenir… Le tintamarre de batterie de cuisine qui gâche le retour de Nicolas Sarkozy, après la litanie des Cahuzac et Thévenoud ! Je crois que c’est le moment de ressortir l’instrument de mesure que nous avions inventé l’année dernière…vous vous souvenez ? le CBPFN (le « C’est Bon Pour le Front National »). Là, je peux vous dire qu’il chauffe !

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