Remaniement, vers l’an II du Macronisme, dit-on...

Et ça peut vouloir tout dire et son contraire. A part les 3 stars démissionnaires (Bayrou, Hulot, Collomb), seuls Castaner, Schiappa, Blanquer, Buzin peut-être, ont émergé. Pour que les départs évoqués des ministres Mezard, Vidal, ou Gény-Stéphann aient une signification, encore aurait-il fallu que leur entrée au gouvernement fut remarquée au-delà du cercle des initiés ! Il se dit que l’an II du macronisme serait un retour aux sources. Mais ce qui a fait la victoire du jeune président, c’est d’abord un grand concours de circonstances : l’effondrement des socialistes amplifié par la dynamique des Insoumis, les affaires de la droite, une extrême-droite le vent en poupe mais mal incarnée et toujours repoussoir pour la grande majorité. Le tableau politique qui a présidé à l’élection d’Emmanuel Macron aurait dû l’inciter, lui et ses équipes, à plus de modestie, moins de certitudes affichées... Mais il a été élu ! Et sur un programme. Il était donc normal qu’il tente de le mettre en œuvre promptement et sans trop l’édulcorer. 

Pouvait-il réformer avec ardeur sans consommer sa popularité ?

Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir aussi à la faveur d’une crise de l’impuissance publique. Il a voulu y remédier en utilisant le plus classique des moyens : la verticalité, le centralisme. Notre culture politique, nos institutions qui privilégient l’exécutif, nous poussent à croire que le courage, l’efficacité, c’est l’autorité verticale du chef de l’Etat ! Alors qu’une autre voie (que d’ailleurs le candidat Macron proposait pendant sa campagne) était, dans un monde ouvert et connecté, d’inventer -une façon d’inclure, de faire participer les Français, les élus locaux, le monde associatif, les syndicats, l’entreprise à l’élaboration et la mise en place des réformes. D’autant que le cœur du projet macronien était, disait-il, l’émancipation de chacun. Pendant la présidentielle, quand Macron recevait le soutien des responsables de l’économie sociale et solidaire, quand il parlait de nouveau girondisme, quand il disait s’inspirer de Rocard et Mendes, quand il appelait les non-professionnels de la politique à s’engager, il dressait un tableau qui ne ressemble pas à ce qu’est devenue sa gouvernance. Voulant redonner lustre et puissance symbolique à la fonction présidentielle, il a agi comme si mieux incarner voulait dire gouverner de façon plus solitaire et autoritaire. Vouloir faire du de Gaulle en 2018, sans frontières, ni monnaie, ni plans quinquennaux dans un univers de réseaux sociaux et d’info continue et surtout sans avoir sauvé la France par 2 fois est illusoire... quand ce n’est pas ridicule. Mieux vaut, quitte à puiser dans ses références personnelles, que le président s’inspire de Pierre Mendes-France, de sa confiance en la société... sans doute trop moderne pour son époque. Les défis qui viennent, le principal, la transition écologique, étant la matrice de tous les autres, ne pourront pas être affrontés avec les seules armes de l’Etat vertical, sans les territoires, le monde associatif et économique ! En fait, le seul remaniement qui compte, au-delà de la valse des noms, est celui qui s’effectue en ce moment dans la tête du président. Et, dans sa tête,  heureusement d’ailleurs, nous n’y sommes pas !

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