Manifestation contre la PMA : vous revenez sur le comptage de la presse avec l’agence Occurrence ... 75.400 participants.

Oui, il faut y revenir parce l’écart entre le chiffre Occurrence/presse et celui des organisateurs (600.000) est particulièrement large. Occurrence a mis au point, pendant plusieurs mois, avec des représentants de rédactions aussi variées que le Figaro, Médiapart, le Monde, Libé, les Echos, la Croix, la presse régionale, quasiment toutes les télés, toutes les radios et l’AFP, une méthode de comptage des manifestants. Contrairement à la préfecture ou aux organisateurs, ce comptage est transparent, la méthode a été éprouvée lors, notamment,  de fastidieux recomptages manuels sur image. Le chiffre Occurrence, pour une presse très diverse, est donc ce que l’on peut faire de plus neutre et de plus sûr. D’ailleurs, parmi les titres associés, il y a des journaux qui préféreraient, pour la sociologie et l’opinion de leurs lecteurs, que cette manif de dimanche, ait été réussie, d’autres auraient sans doute préféré qu’elle fût un échec. Mais comme il s’agit de journalistes, tous mettent en avant l’aspect factuel, par-delà leurs différents positionnements… Et tous refusent désormais de livrer deux annonces, comme des vérités alternatives : le chiffre de la police et celui des organisateurs, établis dans l’opacité. Par définition, deux chiffres politiques. Au fil des mois, le chiffrage de la presse s’est donc imposé et on a vu les évaluations de la police et celles des organisateurs revenir à une fourchette, disons plus raisonnable. Mais pas pour cette manifestation ! Voilà pourquoi il est important d’y revenir. Les organisateurs parlent de 600.000 personnes, la police de 40.000… Soit un rapport organisateur/police de 1 à 15... même la CGT-Marseille n’ose plus de tels écarts...

Comment explique-t-on ces écarts ?

Il y a d’abord des raisons sincères. L’impression du manifestant aguerri. En réalité, on ne peut pas juger de l’affluence d’une manifestation (en comparaison avec d’autres auxquelles on aurait participé) de l’intérieur du cortège. Cette marche en deux cortèges confluents (les deux ont été comptés) était assez courte mais très dense parce que très bien encadrée. D’autres cortèges (comme ce fut le cas en 2013 contre le Mariage Pour Tous) pouvaient être moins denses mais beaucoup plus longs. Les impressions depuis l’intérieur sont trompeuses. Il s’agit de mécanique de fluides et seule une vue d’ensemble qui tient compte de la rapidité et de la densité du flux peut évaluer l’affluence réelle. L’autre raison de l’écart vient, bien sûr, du culot politique des organisateurs. Ceux de dimanche jouent un jeu dangereux parce qu’au fil des manifestations, il leur faudra toujours amplifier le mensonge pour ne pas laisser croire que la mobilisation puisse décroitre. Et là, ils partent de haut ! Pourtant, 74.500 à Paris, c’est une très belle mobilisation pour une 1ère manifestation (sans aucun incident, qui plus est). Les organisateurs auraient dû accepter ce chiffre qui correspond à la réalité factuelle, et tous les commentaires auraient d’ailleurs été ce qu’ils devaient être :  une mobilisation largement réussie.

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