**François Bayrou est notre invité ce matin à 8h20... Et la grande question, ces derniers jours, était : François Bayrou est-il de gauche ? Réponse, Thomas ?Je n’ai pas de réponse parce que c’est une question, disons ésotérique. On sait qu’il est dans l’opposition, là il n’y a plus de doute. En revanche est-il disposé à être dans une éventuelle majorité alternative à Nicolas Sarkozy ? Pour l’instant on a comme l’impression qu’il ne l’envisage qu’à condition d’en être le chef ! Ça n’aide pas pour se faire accepter par les autres. Mais François Bayrou progresse vite. Il a déjà largement fait évoluer sa famille politique. Souvenez vous avant, le centriste était forcement mou et flou ! François Bayrou a au moins réussi à rompre avec l’une de ces deux caractéristiques: la mollesse, le manque de caractère. François Bayrou n’est pas Pierre Méhaignerie. Ses coups de gueule, souvent calculés, souvent mal calculés d’ailleurs, ont brisé l’image du centriste insipide et gestionnaire. François Bayrou a aussi su faire évoluer le positionnement idéologique du centrisme. Le centrisme français était une sorte d’avatar du MRP, de la démocratie chrétienne un peu nian-nian. Il se présente maintenant comme le gardien scrupuleux et énergique de l’esprit Républicain et du modèle français. Mais le deuxième point faible du centrisme n’est pas résolu. Le centrisme est toujours flou. Cette impression de brume, d’errance politique persiste et n’aide pas à la compréhension de sa démarche. Justement maintenant François Bayrou invoque le besoin de clarté !Oui, comme si François Bayrou découvrait enfin que nous sommes en cinquième république. Le positionnement au centre de l’échiquier politique peut-être stratégique dans un système parlementaire avec une représentation proportionnelle. Dans un système semi-présidentiel comme le nôtre, consolidé par le fait majoritaire ceux sont deux blocs qui s’affrontent, il faut être clairement dans l’un ou l’autre. Il y a maintenant un bloc à droite, il faut un bloc à gauche. François Bayrou n’est en adéquation avec la cinquième que sur un point : la personnalisation nécessaire. Il est, ou il était en inadéquation avec notre système tant que l’on pouvait avoir un doute sur son penchant. Majorité ou opposition. Le doute existe moins et maintenant il devrait représenter l’aile droite de l’opposition. Dans ce cas, la logique de la clarté voudrait que François Bayrou se présente aux primaires organisées par le parti socialiste. La logique de l’évolution de nos institutions veut que 2 blocs s’affrontent dès le premier tour ! A droite, pas de problème de leadership, le bloc est prêt. Le Président se représente, il n’y a plus de doute. Il prend bien soin de réunir son camp. Ses centristes à lui du nouveau centre, les confettis de l’ouverture réunis sous l’oxymore « sarkozystes de gauche », l’UMP, la droite traditionaliste avec les chasseurs et Philippe de Villiers. Tout ce beau monde sera derrière le Président. Il faudrait donc qu’en face, tous les partis appelés à former une majorité alternative soient aussi réunis ce jour là. Les primaires ouvertes pourraient régler cette question. Voila pour la logique. Mais comme en France on est à la fois cartésien et indiscipliné, je doute que le PS en soit là et je doute aussi que, pour l’instant, le souci de clarté invoqué par François Bayrou le conduise aux mêmes conclusions que moi…mais on lui demandera tout à l’heure.**

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