En relisant la constitution et en allumant un cierge en l’honneur du général de Gaulle. Les institutions lui permettent de passer l’orage. Et même si sa courbe de popularité finit un jour par croiser celle du chômage, ça n’y changera rien. François Hollande est légitime pendant 5 ans. Il peut dire « merci mon général » à celui par qui le président est, comme disait Robert Badinter, « un irresponsable institutionnel » pendant tout son mandat. « Merci mon général » d’avoir instauré cette règle, inédite dans les démocraties modernes, selon laquelle l’exécutif procède d’un président protégé et non pas du parlement. De ce fait, il n’y a pas de contrôle continu de légitimité. Seul un blocage populaire complet du pays ou une fronde parlementaire persistante et suicidaire pourrait conduire au départ du président. Nous n’y sommes pas. François Hollande peut, en outre, s’accrocher au fait que la politique qu’il met en œuvre, avec une équipe cohérente (du moins quand elle n’oublie pas de payer ses impôts)… n’a pas, pour l’instant de concurrentes aux yeux de l’opinion. Une large majorité de Français considèrent que l’opposition ne ferait pas mieux. Malgré ce mélange très corrosif, de sentiment de trahison politique et de ressentiment personnel que subit François Hollande, la constitution lui fournit les moyens de son inamo-vibilité… En revanche, il ne faut pas qu’il relise ses déclarations passées : Il avait théorisé la nécessité de vérifier la légitimité populaire du président à mi-mandat.

Les institutions le protègent mais, en même temps elles font de lui un homme seul !

Oui, et là François Hollande ne dit plus « merci mon Général »! Parce qu’entre 1958 et aujourd’hui le monde a changé. Aujourd’hui, dépositaire de tous le pouvoir formel et de si peu de pouvoir réel, le président quel qu’il soit (Hollande, et avant lui Sarkozy ou Chirac), devient un objet de focalisation. L’accélération de l’info amplifie et concentre les attentes et donc des reproches fait au président. La levé des interdits non écrit sur la vie privée « trivialise », déshabille le président qui devient un punching-ball national. Et comme à gauche la soif de l’homme providentiel est moins développée qu’à droite… un président de gauche –qui en plus a pêché par ambiguïté- subit l’opprobre des deux camps : la droite qui le déteste et une bonne partie de la gauche si peu légitimiste. François Hollande est donc rincé, essoré… mais à l’abri sous la coque solide de la Vème République. Pour quoi faire ? Là est finalement la vraie question. Uniquement de l’économique. François Hollande n’a plus de latitude que pour l’essentiel… avec une obligation de résultat. Nous verrons, au fil des budgets et des lois si la primauté anachronique mais bien pratique de l’exécutif sur le législatif opère toujours. Quand à 2017, espérons que les candidats oseront proposer des réformes institutionnelles ambitieuses pour nous débarrasser de ces règles fixées par un général né au XIXème siècle, pour un monde fait de frontières et de plans quinquennaux.

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