Trêve pascale aujourd'hui pour les candidats à la présidentielle qui ont un emploi du temps allégé pour cet avant dernier lundi de campagne. L'occasion pour de nous poser quelques heures. De nous poser en même temps que les candidats pour nous demander, comment accomplir au mieux dans moins de 15 jours, notre devoir civique. Car si les sondages tergiversent encore, font monter les uns ou les autres selon les jours, il reste un paramètre qui fait consensus : jamais il n'y a eu autant d'indécis. Entre 40 et 45% du corps électoral. 18 millions d'électeurs qui cherchent encore. Alors, pourquoi ne pas occuper ce lundi pascal à de saines lectures. Lectures utiles en tout cas qui pourraient aider à se déterminer. Lecture partisane, j'en conviens, puisque le livre dont je vais vous parler a été écrit par un ancien président de la république, mais cet ouvrage peut se lire avant tout comme un manuel pédagogique. Il s'agit du troisième tome du Pouvoir et la Vie de Valéry Giscard d'Estaing, au titre adéquat pour la période en cours : CHOISIR. Paru à l'automne dernier, on n'en n'avait retenu que les passages les plus saignants, notamment le récit de la trahison de Jacques Chirac en 81. Réédité en poche ces jours ci, ce 3ème livre de mémoire dans lequel l'ex président relate les dernières années de son mandat et surtout sa défaite, se veut surtout un "guide du bien choisir", ou du "bon choix" selon la formule utilisée par l'auteur pour les législatives de 78. Valéry Giscard d'Estaing n'est plus candidat à rien, c'est la première fois depuis 1974, et du coup, délivré de toute ambition personnelle, il propose au lecteur un témoignage inédit de ce qu'est un président de la république, "touché dit-il par l'ignorance du public sur la réalité du pouvoir". "Le système musculaire et nerveux de celui qui exerce le pouvoir, écrit Giscard, sa vulnérabilité aux agressions des virus et des bacilles, ses pulsations cardiaques demeurent identiques à ceux des autres hommes. Or vous, vous croyez sentir une immense différence entre vous et lui, comme s'il existait un darwinisme fulgurant du pouvoir". Ses étonnantes confessions ont pour effet paradoxal de démonarchiser le pouvoir et VGE n'en reste pas là, quand il s'agit de faire tomber les masques des candidats à ce pouvoir. D'abord, dit-il aux citoyens, ne croyez pas aux promesses électorales " elles n'ont d'autre objet que de répondre aux demandes des électeurs et de faciliter votre élection". ça c'est fait, c'est juste la définition de la démagogie, mais il est bon de le rappeler. L'ex président démontre qu'il faut en réalité s'attacher à rechercher le caractère intime de la personne à élire. "Vous devez prendre en compte l'art et la manière dit-il, dont le candidat poursuivra sa vie réelle une fois au pouvoir, car c'est ce qui déterminera sa véritable aptitude à remplir sa fonction et sa capacité à faire face aux situations de crise". Voilà, une fois que vous aurez lu tout cela, débrouillez vous ! Si VGE en tire un choix personnel, il soutiendra sans doute la semaine prochaine Nicolas Sarkozy. Libre à chacun de distinguer dans ce subtil portrait le candidat de son choix. Un homme ou une femme comme vous et moi, dont vous vous dites, qu'il ou qu'elle ne tiendra pas les promesses faites mais à qui vous faites néanmoins confiance pour remplir le "job" de président. Allez, bonne lecture ! Et il reste encore 13 jours pour choisir !

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