Réunion ce matin de "la majorité présidentielle" à l'Elysée autour de Nicolas Sarkozy, avec le premier ministre, des dirigeants de l'UMP et du centre... enfin DES centres. "Nous aimons tellement l'Allemagne, que nous préférons qu'il y en ait 2" disait Mauriac. Et bien c'est comme à l'Elysée, "on aime tellement le centre, qu'on est ravi qu'il y en ait 10 !", plaisante-t-on dans les couloirs du château. 10 centres ? Ah le compte est presque bon ! Pour les distraits, je vous les énumère : Le Modem de François Bayrou, Le Nouveau Centre d'Hervé Morin, La Gauche Moderne de Jean-Marie Bockel, Les progressistes d'Eric Besson, Le Parti Radical de Jean-Louis Borloo, Avenir Démocrate de Jean-Marie Cavada, Et puis il y a tous ceux qui, en désaccord absolu avec la stratégie d'indépendance tout aussi absolue de François Bayrou, ont quitté le Modem depuis les municipales, sans pour autant jusqu'ici, avoir retrouvé un point de chute. C'est le cas du député européen Thierry Cornillet, ou encore en début de semaine du sénateur Jean Arthuis. Et bien ce sont ces personnalités en déshérence qui pourraient très bien, remonter un énième parti centriste, dit UDF historique, si d'aventure, on les y poussait et aidait un peu. ça tombe bien, car à l'Elysée, on ne pense qu'à ça. La multiplication des centres comme la multiplication des petits pains. Rien de tel pour achever définitivement François Bayrou, une obsession décidément. La stratégie est concoctée aux petits oignons par quelques stratèges du château et Nicolas Sarkozy, autour de qui se tient ce matin cette réunion dite de la "majorité présidentielle", a été abondamment servi de notes en tous genres pour bien lui expliquer la situation. L'opération visant à fissurer à nouveau le centre se focalise sur une cible prioritaire : les sénateurs centristes. Ce sont les seuls à être encore constitués en groupe. Ils sont une vraie force politique. Et ils ont surtout l'argent de l'ex UDF ! La dotation publique de l'Etat étant en effet conditionnée aux parlementaires qui se réclament d'un parti, si la trentaine de sénateurs centristes se détachaient de François Bayrou, ce serait l'assèchement immédiat de ses finances. Pour l'instant, selon les comptages élyséens, un tiers semble être prêt à franchir le pas. Michel Mercier, trésorier de l'ex-UDF et du Modem aujourd'hui, est évidemment particulièrement courtisé. C'est le cheval de Troyes pour piller la banque du centre. "Michel Mercier veut sincèrement être ministre", précise une note fournie à Nicolas Sarkozy, pas de doute, il le sera. Jean Arthuis veut garder la présidence de la commission des finances au sénat, on lui donne quelques garanties. En attendant, "on" les encourage vivement à remonter l'ancienne UDF, à en récupérer son ex siège, et ses actifs, aujourd'hui aux mains du Modem - en un mot comme en cent, à laisser François Bayrou nu comme un enfant qui vient de naître. Les objectifs politiques de cette opération sont transparents : Tuer François BAYROU, on l'a dit, avant les régionales, les européennes, et la présidentielle bien sûr. S'assurer dans l'immédiat, en récupérant quelques centristes "sûrs", de la majorité des 3/5èmes des voix nécessaires au Congrès. Et puis, accessoirement, empêcher un autre de faire main basse sur cette famille aujourd'hui éparpillée façon puzzle. L'Elysée a noté avec attention que depuis plusieurs semaines, Jean-Louis Borloo organisait entretiens et déjeuners avec cette mouvance dite des centristes historiques. Oup la ! Attention à ne pas remplacer un Bayrou par un Borloo ! D'où, la bien belle réunion de la majorité présidentielle autour de Nicolas Sarkozy et François Fillon, ce matin à l'Elysée, avec tout le monde d'invités, sauf évidemment François B. Il devrait en sortir la promesse de constituer une grande famille, avec comité de liaison à l'appui. Et plus il y aura de centres dans cette grande famille, et bien plus le président sera content.

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