Alors comme ça, vous avez trouvé le plus antisarkozyste de France ?Oui contrairement à ce que l’on pourrait croire ce n’est pas le Dominique de Villepin qui veut reconstruire la statue du président de la république française à sa mesure en détruisant pierres par pierres celle de Nicolas Sarkozy. Ce n’est pas le philosophe marxiste Alain Badiou qui se demande si Nicolas Sarkozy est plus le nom de la peste, du choléra ou de la barbarie et qui en conclut qu’il n’est qu’une déclinaison du pétainisme. Ce n’est pas Martine Aubry qui tente de se dessiner une personnalité en négatif parfait de ce que représente Nicolas Sarkozy… ce n’est pas François Bayrou qui se drape dans la défense d’une république menacée, ce n’est pas Daniel Cohn Bendit qui développe une critique moqueuse des travers du sarkozysme. Ni Olivier Besancenot…Le pire ennemi, le plus efficace et le plus destructeur, le plus corrosif…vous voulez savoir qui c’est… Non ce n’est pas lui-même ce serait trop facile. Nicolas Sarkozy n’est que le deuxième homme le plus dangereux pour le sarkozysme. Le pire c’est Jean-François Copé ! Le président du groupe parlementaire UMP à l’Assemblée Nationale. Petit à petit et tout en faisant mine de défendre le président c’est lui qui dit les pires vacheries. En se présentant souvent comme le gardien du sarkozysme originel version 2007, il en est, de fait, le dézingueur en chef et en douce. Quoi de pire quand on est le chef des députés de la majorité présidentielle, réputé représenter une droite plutôt libérale, quoi de plus dévastateur que de dire, comme ça, l’air de rien « le bouclier fiscal, je m’interroge », surtout après en avoir été l’un des plus fervent défenseurs. C’est beaucoup plus cruel que l’indignation éruptive d’un Dominique de Villepin. Comme disait le personnage de la chanson de Boris Vian devant sa bombe atomique qui n’avait un rayon d’action que d’un mettre cinquante : « L’important ce n’est pas la portée de la bombe, c’est l’endroit ou s’qu’elle tombe »…donc, une petite interrogation sibylline sur l’opportunité du bouclier fiscal valide, d’un coup, toutes les critiques de la gauche, du centre et des villepinistes réunis qui s’épuisaient sans effet sur ce sujet depuis des semaines. Tout se passe comme si Jean-François Copé avait entrepris un détricotage régulier et discret du sarkozysme. Hier le bouclier fiscal, aujourd’hui la publicité sur les chaines publiques, avant-hier en étant le promoteur d’une loi sur la burqa dont le président ne voulait pas. Et ça marche, le sarkozysme initial recule et le copéisme naissant plante ses petites banderilles. Il entame le sarkozysme, un peu comme on goute un bord du gâteau, par lichette pour pas que ça se voit, puis un autre bout de l’autre coté, et ainsi de suite, le réduisant, imperceptiblement. Voulez-vous dire que Jean-François Copé veut l’échec de Nicolas Sarkozy ?Il nous a répété la dernière fois qu’il est venu ici, en début de semaine qu’il est candidat pour 2017. Dire qu’il sera plus facilement élu après un quinquennat de gauche plutôt qu’après un septennat et trois quinquennats de président de droite est une évidence. Mais Jean-François Copé se doit d’accélérer le processus de sa fabrication d’image de présidentiable parce qu’au rythme ou ça va l’idée que le président ne se représenterait pas en 2012, commence à émerger au sein de la majorité. C’est encore une hypothèse marginale mais depuis le début du quinquennat tout va très vite. L’état de délabrement de la popularité du président, les renoncements en séries, l’impression de désorganisation complète à l’Elysée après le fiasco de la communication autour de l’affaire de la rumeur, dessinent une ambiance de fin de règne, trois ans seulement après l’élection. Décidément, Nicolas Sarkozy fait tout plus vite que les autres. Et Jean-François Copé ne fait qu’appuyer sur l’accélérateur.

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