Le personnel politique commence à dévoiler son patrimoine. Tout le gouvernement devra s’y soumettre… Les parlementaires aussi et ce, sans doute après le vote de la loi.

Oui et individuellement certains le font déjà. C’est à la fois vertueux et impudique. Ce concours de pureté ne rime pas à grand chose puisqu’on ne peut rien vérifier et que sur chaque patrimoine, chaque PEA étalé devant nos yeux, on ne réagit pas en membre de la commission de transparence du financement de la vie politique mais en voyeur suspicieux, encore sous le choc de la trahison de Cahuzac. Quand j’ai vu que Laurent Wauquiez n’avait que 3700 euros sur l’ensemble de ses comptes, j’ai eu une réaction ironique… Avec un salaire de 13.500 euros de député, il ne lui en reste plus que 2500 le 7 du mois sur son compte courant…il ne va pas partir en vacances cet été !… ou alors est-ce bien raisonnable de lui confier les finances d’une collectivité locale ? Bref, je me suis moqué et, pour tout dire, je n’y ai pas cru ! Alors que, bien sûr, je n’ai aucun élément pour juger. Finalement je suis plutôt gêné de savoir tout ça ! C’est la commission de transparence du financement de la vie politique qui devrait collecter ces déclarations et les rendre publiques elle-même. Il était déjà assez déplaisant de devoir aller dans la cuisine et la chambre à coucher de chaque leader politique en vertu de la peopolisation… Maintenant on a le sentiment d’aller dans les portefeuilles et les sacs à main de nos élus. De plus, cet étalage tapageur n’est pas un gage de transparence aussi important qu’il y paraît. Il peut même être trompeur. Il faut simplement écouter ce que demandent les membres de la commission de transparence.

Oui, ils demandent plus de moyens et plus de pouvoir…

Et particulièrement un pouvoir qu’ils réclament depuis 20 ans, en vain ! La commission veut pouvoir connaitre les sources et l’origine des fonds de chaque élu. Elle veut pouvoir demander « qui vous a payé ces dernières années ? ». Ça a l’air très inquisitorial mais Jérôme Cahuzac payé par de grands laboratoires, ce n’est pas anodin. Des lobbyistes, payés directement par de grands groupes industriels de l’énergie et de la pharmacie sont accrédités par des députés et ont des badges d’attachés parlementaires. Ils travaillent pour eux et leur industrie dans l’enceinte du Parlement. Claude Bartolone, le président de l’Assemblée avait prévu, avant l’affaire Cahuzac de les interdire. Il est effectivement grand temps. Depuis octobre 2012 il y a une déontologue à l’Assemblée nationale : Noëlle Lenoir épluche les dossiers des députés et tente de traquer les conflits d’intérêt. Mais son rôle n’est que consultatif. Le fait d’être membre d’un cabinet d’avocat d’affaires, par exemple paraît parfaitement incompatible avec la fonction de député. Dites ça à Jean-François Copé, il vous traite de démago irresponsable! Pour l’instant c’est autorisé alors qu’un parlementaire par exemple, ne peut pas être maître de conférences à l’université par exemple. Il faut donc tout remettre à plat. Interdire d’exercer d’autres métiers que celui de député, obliger les fonctionnaires qui se font élire à quitter la fonction publique ?… Voilà des mesures à la fois radicales et simples mais malheureusement, il aura fallu l’affaire Cahuzac pour qu’elles trouvent un écho.

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