Ce matin : le discours de politique générale de Manuel Valls… Pas de doute, on a bien changé de Premier ministre !

Oui et la façon dont Manuel Valls a décliné ses projets nous donnait presqu’à penser que la majorité avait subitement changé de politique. Alors qu’en réalité tout ce qu’a dit le premier ministre découlait, en droite ligne, de ce qu’avait déjà dit François Hollande le 14 janvier dernier, lors de sa conférence de presse. L’inflexion date donc du 14 janvier et le passage à ce que l’on a qualifié de : « socialisme de l’offre ». Mais l’énergie, la détermination et la simplicité du propos de Manuel Valls opèrent comme si les buts politiques se révélaient enfin. C’est du Hollande passé à la débrousailleuse ! On sortait –en grande partie mais en partie seulement- de cette fameuse ambiguïté dans laquelle François Hollande semble toujours vouloir entourer son propos pour se ménager plus de liberté… Cette ambiguïté qui rendait l’air politique irrespirable. 11 milliards d’économie sur les prestations sociales restent quand même à préciser. Mais au moins le chemin est balisé et les détails viendront forcément au moment des discussions budgétaires, avant l’été. Le diagnostic posé par le Premier ministre, au début de son propos, sur l’état de la politique de la France, était implacable. Il parlait de l’impuissance des politiques avec cette image forte et accablante : « la parole politique est devenue une langue morte pour nos concitoyens ». C’est en creux une critique sévère pour tout le monde… y compris pour François Hollande qui a été élu, il y a moins de deux pour, souvenez vous, « ré-enchanter le rêve français » ! Manuel Valls avait beau répéter aux parlementaires socialistes, pour les rassurer, que sa nomination était un passage de témoin et non pas une alternance politique, le discours d’hier (très critique sur l’état du pays et sur les responsabilités partagées de ceux qui l’on gouverné) avait, néanmoins des accents de discours de premier Premier ministre d’un quinquennat, des accents d’alternance.

Mais était-ce un discours de gauche ?

Les exégètes de la gauche chercheront les vrais morceaux de la vraie croix socialiste dans les propos de Manuel Valls. Dans la colonne débits de la « gauchitude » Manuel Valls a banni la relance keynésienne par la dépense publique, il a visiblement mis un terme à toutes velléités de réformes sociétales (après avoir salué comme il se doit l’adoption du mariage pour tous) on a senti que le projet de loi famille n’était plus une urgence du tout ! Et plus question de droit de vote pour les étrangers. Mais la colonne crédits n’est pas totalement vide : ces propos sur la transition énergétique et les objectifs affichés sont une bonne surprise pour les écologistes. Même si pour l’instant ce ne sont que des mots. Et puis il y a sa vision de la France, son identité. Manuel Valls a renoué avec un républicanisme typé, une prétention universaliste. Il a bien précisé que la France qui fait battre son cœur va de Valmy à la Résistance en passant par 1848… référence, s’il en est, de la gauche républicaine de la plus pure tradition. Nous ne sommes plus dans la glorification de la France éternelle, des cathédrales à la République, opérée par Nicolas Sarkozy et la droite en général. Au total, les solutions concrètes que Manuel Valls a exposées, ne sont pas encore assez précises et chiffrées pour rassurer tout à fait quant à leur efficacité. Mais il a imprimé une identité politique puissante. Une identité politique qui peut remplir utilement un vide qui devenait dangereusement anxiogène et paralysant.

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