Vous revenez ce matin sur le discours du nouveau premier secrétaire du PS à l’issue du congrès d’Aubervilliers…

Il va falloir apprendre à connaître Olivier Faure ! Ce n’est pas un leader charismatique ! Ancien rocardien, tout le contraire d’un doctrinaire, c’est militant devenu député puis patron de son parti. Dans un monde où tous les dirigeants de pays ou de partis sont des personnalités autoritaires - c’est vraiment la tendance - Olivier Faure ne pense pas, lui, que la France mériterait Olivier Faure à sa tête 

! Daniel Cohn-Bendit dit souvent que l’élection présidentielle rend folle la moitié de la classe politique. Olivier Faure fait partie de l’autre moitié. Le PS doit se reconstruire. Et il a une chance historique de le faire sans tomber dans les travers d’antan. Dans l’alternance pouvoir/opposition depuis 1981, le PS est sans doute le parti qui connaît le plus de différentiel entre ce qu’il proclame dans l’opposition et ce qu’il applique une fois aux affaires. Il chantait toujours l’International dans ses congrès dans les années 80/90 et privatisait à tours de bras une fois au pouvoir. 

Pourquoi le PS ne retomberait pas dans ces travers maintenant qu’il est de nouveau dans l’opposition ?

Il a une chance historique de ne pas y retomber… le PS ne gagnerait rien à se lancer dans le concours d’opposant le plus résolu avec JL.Mélenchon ou Laurent Wauquiez… Il y perdrait son reste de crédibilité ! Il doit être patient… si son analyse, selon laquelle (pour reprendre le mot d’Olivier Faure) le "macronisme" n’est pas un dépassement des vieux clivages mais un mouvement de droite et de droite… alors l’espace ne tardera pas à s’ouvrir pour les socialistes, sans qu’ils soient obliger d’en rajouter dans une gauchitude qui sonne faux aux oreilles de ceux qui se souviennent sur quel créneau idéologique relativement centriste il gouvernait il y a à peine un an ! Hier le premier discours d’Olivier Faure avait du souffle mais on y retrouvait ses accents du PS d’opposition un peu systématique. 

Le naturel et la facilité rhétoriques reviennent vite dans l’opposition ! Mais justement sa survie, son originalité ce sera, non pas être contre tout mais de proposer une alternative crédible au moment, peut être ou le macronisme à l’air de se réduire à un pragmatisme au fil de l’eau. Par exemple sur la réforme de la SNCF si le PS avait été au pouvoir, il aurait aussi du adapter l’entreprise à l’ouverture de la concurrence contre lequel il n’est pas. 

Pourquoi donc devrait-il avoir un autre discours du fait qu’il est dans l’opposition ? 

En réalité le PS est maintenant dans une situation politique particulière de par la position dominante et centrale de LREM et de la radicalités des Républicains et de LFI… il doit faire mentir l’adage selon lequel on se pose en s’opposant mais inventer celui-ci : on se pose en proposant. C’est plus dur bien sûr… mais après 40 ans de distorsion flagrante entre leurs mots et leurs actes, les socialistes n’ont plus le choix que la cohérence s’ils veulent avoir une chance de retrouver la confiance des électeurs. 

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