Positivons. Arrêtons, le temps d’une chronique, de dénigrer la politique et tentons de regarder un peu ce monde fait d’abnégation et de sacrifice avec des yeux –pour une fois- bienveillants ! Xavier Bertrand devient donc secrétaire général de l’UMP. Et, figurez-vous qu’il a déclaré que c’est un job à plein temps. Il fait don de sa personne à l’UMP et quitte les ors de son ministère du Travail pour animer le débat démocratique. Par respect pour les militants, il veut s’y consacrer afin de redynamiser son parti, lui redonner le goût du débat. On ne fait bien qu’une chose à la fois. Alors bien sûr, les mauvaises langues feront remarquer que Nicolas Sarkozy était Président de l’UMP, Ministre de l’intérieur et Président du Conseil Général des Hauts-de-Seine ! Oui mais c’était une autre époque et n’est pas Nicolas Sarkozy qui veut ? Bon, bien sûr, il reste adjoint au maire par respect pour les habitants de Saint-Quentin. Oui, il va redevenir député, nous dit-on, mais c’est pour être au cœur de l’action de la majorité aux côtés de son ami Jean-François Copé et aussi grâce à la nouvelle disposition qui permet à un ministre qui quitte le gouvernement de retrouver son siège sans déranger ses électeurs. Par respect pour eux bien sûr ! Dans la version rose pour le PS, les femmes ont enfin pris le pouvoir. C’est une autre façon de faire de la politique qui commence, une autre ère qui s’ouvre. Alors bien sûr, Ségolène Royal et Martine Aubry n’ont pas pu s’entendre ; elles ne voient pas les choses tout à fait de la même façon ; mais plutôt que de briser le PS, elles ont eu l’intelligence d’inventer une sorte de collocation du parti, par respect pour tous les socialistes. Un PS maintenant à deux beaux visages avenants. Au centre gauche, Ségolène Royal, ouverte, tournée vers les sympathisants (par respect pour eux) et la société civile, brisant les tabous pour libérer la réflexion. Martine Aubry, elle, se charge de l’appareil et retrouve un discours plus traditionnel, populaire et à gauche par respect pour les salariés et les ouvriers inquiets de l’avenir. Les rôles sont répartis et avouez que c’est malin : Martine plus Ségolène, couvrent à elles deux un champ politique plus vaste que le PS d’avant Reims ! Stop, on n’y croit pas ! Alors reprenons le début de façon cynique et froide, normale quoi. Oublions le respect des militants et des électeurs. On va se concentrer sur l’UMP parce que le PS, après le congrès, tout le monde a sans doute compris. Donc Xavier Bertrand prend la tête de l’UMP, enfin, disons les épaules parce que la tête c’est le Président de la République. Tout se passe à l’Elysée. Evidemment, normalement, le Président n’est pas le chef d’un parti - ça c’est bon en période non électorale, c'est-à-dire pendant à peu près trois mois par mandat. Donc Nicolas Sarkozy est le Président de l’UMP et de tous les Français. Il a demandé à Xavier Bertrand de reprendre en main le parti qui était devenu une masse informe et sans vigueur sous l’autorité de Patrick Devedjian, frustré de ne pas être ministre. Patrick Devedjian devient donc ministre de la relance, sans budget ni autorité mais il est Ministre, pour coordonner, par exemple, la prime à la casse contre laquelle il s’était pourtant prononcé. Le Président a exigé que Xavier Bertrand se consacre au parti : l’UMP c’est un job à plein temps - ça veut dire qu’il ne faut pas qu’il soit ministre en même temps. Il ne faudrait pas non plus qu’il soit trop puissant, qu’il soit à Sarkozy 2008 ce que Sarkozy 2005 était à Chirac ! Et puis, en quittant le gouvernement, Xavier Bertrand redevient automatiquement député. Ce qui -soit dit en passant- en dit long sur la considération que l’on porte au métier de parlementaire puisque visiblement, être député n’empêche pas d’être autre chose à plein temps... Xavier Bertrand député et patron de l’UMP marquera à la culotte de Jean-François Copé, le Président du groupe UMP à l’Assemblée. Il pourra contrer sa volonté de faire ce qu’il appelle de la coproduction législative et calmer son arrogante ambition qui exaspère le Président ! C’est triste, mais ça sonne plus vrai en noir qu’en rose !

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