**Vous avez lu la tribune de Nicolas Sarkozy consacrée au débat sur l’identité nationale, publiée dans « Le Monde » daté d’aujourd’hui.Oui et d’abord on constate qu’en débutant son propos par un commentaire sur le vote des suisses sur la question des minarets, Nicolas Sarkozy assume totalement le lien privilégié entre immigration et identité nationale. Le Président fait ensuite le même constat que la plupart des observateurs : La question posée aux suisses est source, je cite « de malentendus ». Il fustige en revanche l’avalanche de commentaires négatifs en France qui a accompagné le vote de nos voisins. Il ne faut pas mésestimer un vote populaire, dit-il en substance. Puis, comme pour introduire la deuxième partie de son propos sur l’identité nationale française, le Président se demande ce que les français auraient voté à un tel referendum. C’est une interrogation pour le moins étonnante, surtout après avoir constaté que la question n’était pas pertinente. Mais cela permet au Président d’évoquer sa conception de l’intégration, de l’immigration dans le giron de la République. Nicolas Sarkozy expose alors une idée tout à fait classique. Il met en garde contre le communautarisme, parle de métissage bénéfique et réaffirme les exigences de la laïcité à la française. On peut donc remarquer, au passage, qu’il ne parle plus de « discrimination positive », ni même de « statistiques ethniques », des notions qu’il avait pourtant introduites dans le débat au moment de la campagne et au début du quinquennat. Deux notions qui cédaient un peu à une vision communautariste de la société. Elles sont abandonnées. Tout comme cette idée de « laïcité positive » qui visiblement n’a plus sa place dans le discours sarkozien que l’on pourrait dire revenu à une conception classique de la République, s’il ne faisait pas justement ce lien, qui parait abusif (aux yeux de bon nombre de républicains dans l’âme) entre immigration et identité nationale. En fin Le Président met en garde contre les signes trop ostentatoires de la religion, avec une petite ambigüité puisqu’il ne précise pas de quoi il parle… Burka ou minaret ? Vous vouliez aussi commenter une autre contribution au débat sur l’identité nationale.Commenter c’est un bien grand mot ! Il s’agit de ce qu’a dit lors d’un meeting à Nice Christian Estrosi, le 26 novembre dernier. Il a expliqué qu’il ne fallait pas refuser le débat sur l’identité nationale et que d’ailleurs si les allemands s’étaient un peu plus posé la question de leur identité nationale avant la seconde guerre mondiale on aurait certainement évité, je cite : « l’atroce et douloureux naufrage de la civilisation européenne ». Vous avez bien compris, selon Christian Estrosi les allemands ne se sont pas assez préoccupés de leur identité dans les années trente. Alors, mettez vous une seconde à la place du commentateur politique que je suis, ce n’est pas facile tous les jours ! Vous entendez une telle ânerie… vous vous dites, tout naturellement c’est trop absurde…il ne faut même pas la relever…et puis vous vous dites « c’est quand même un ministre de la République ! L’un des hommes les plus proches du Président ! ». Vous vous demandez qui a bien pu lui conseiller de dire ça ! Vous vous mettez à espérer qu’il l’a trouvé tout seul, qu’ils ne sont quand même pas deux à avoir pu faire une telle analyse dans son équipe. En réalité, en entendant ce genre de réflexion on peut faire le constat que nous font tous les jours, hors micro, bien sur, bien des membres de la majorité : ce débat sur l’identité nationale est vraiment déplacé, hors propos. Comme il se déroule sur des bases incertaines et scabreuses, comme il est teinté du soupçon de l’opportunité électoraliste, comme il est intellectuellement peu rigoureux, il risque de produire des inepties. La tirade de Christian Estrosi en est l’exemple parfait.**

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