La crise couve à LR à propos de la stratégie à adopter pour contrer la progression du FN.

Oui, parce que si aujourd’hui la gauche est la première responsable (parce qu’au pouvoir) de la progression du FN, c’est la droite, censée incarner l’alternative, qui est prise en défaut. Face à ce péril, N.Sarkozy a imposé le Nini. Ni retrait, ni fusion avec le PS. Cette position se justifie puisque le seul cas de retrait envisageable était le Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. Mais, en réalité, le retrait de D. Reynié n’aurait probablement rien changé au rapport de force FN/PS dans la région. Au-delà de cette considération sociologico-arithmétique, le NiNi, comme règle de principe, suggère que LR n’établit aucune hiérarchie entre le PS et le FN. Le ton du discours de N. Sarkozy hier laisse même penser que LR établirait maintenant une hiérarchie favorable aux thèmes du FN ! C’est problématique pour bon nombre de responsables comme A.Juppé qui le dira plus clairement après la campagne. Il y a, à droite, 2 analyses différentes de la nature du vote FN. N.Sarkozy estime qu’il est le signe d’une droitisation de la société, d’une demande très forte d’autorité, d’une angoisse identitaire liée à l’immigration. Et qu’il faut y répondre par un discours plus ferme en tous points. Le problème de cette analyse, c’est qu’elle donne l’impression d’une position d’opportunité plus que de conviction. Elle contient, en outre, intrinsèquement une promesse d’affrontement assumée. Une position qui met mal à l’aise une partie de la droite, qui pense que se droitiser outre mesure ne fait que valider des solutions que le FN défendra avec toujours plus d’efficacité, puisqu’il n’est en charge de rien et ne craint donc pas d’être confronté à ses actes et à la complexité de la réalité. Et puis, plus simplement, la droite modérée, girondine, européenne, libérale ou sociale, n’a pas envie d’être entraînée vers ces contrées idéologiques.

Cette droite-là estime plutôt que le vote FN répond à une angoisse de déclassement.

Oui, pour elle, ce vote est d’abord une révolte contre l’impuissance publique, l’incapacité des gouvernants successifs à combattre le chômage et le délitement du tissu social. Ce qui renvoie N.Sarkozy et F.Hollande à leurs responsabilités. Alors pour contrer le FN, la droite (JP Raffarin nous l’a clairement dit lundi) suggère de dénoncer ce qui bloque la France et rend les gouvernants impuissants : la division artificielle des modérés de gauche et de droite. Raffarin, NKM, Juppé, les centristes de l’UDI, sont maintenant fatigués d’être obligés d'outrer leurs oppositions à une gauche au sein de laquelle (comme le dit J-L.Bourlange) la modération a gagné. La droite et la gauche modérées sont prêtes à une refondation pour pouvoir agir vraiment, et peut-être parfois ensemble, quand ils sont d’accord…pour être enfin efficaces ! D’ailleurs, disent-ils, la seule fois où la droite a su réduire drastiquement le FN, c’était en 2007, quand N.Sarkozy, énergique, fustigeant l’immobilisme du roi fainéant Chirac, voulait de la rupture, de l’ouverture, du transparaissant. Ce ne fut pas possible parce que notre culture de l’affrontement nous pousse au binaire simplificateur et handicapant. On pensait que –atavisme gaulliste de la droite- la primaire ne serait qu’un combat de personnalités. On le voit, ce sera, au pire un schisme, au mieux un débat idéologique assumé.

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