La position de François Fillon sur la Syrie commence à poser des problèmes dans son propre camp.

Oui F.Fillon, ces derniers mois, ne voyait pas, ne voulait pas voir ce qu’il se passait à Alep. Les Russes et les troupes de Bachar El Assad, loin de combattre Daech, pilonnent les rebelles, de préférences les plus modérés, pour tuer toutes possibilités de 3èmevoie entre islamistes et le régime. Ils bombardaient aussi, en les ciblant, civils et hôpitaux. Durant des mois, F. Fillon n’a pas voulu voir cette réalité pour une raison simple : son angle de vu sur ce conflit était celui d’une communauté qui lui est chère (et on peut le comprendre) celle des chrétiens d’orient. Communauté dont, en Syrie, la plupart des membres vivent dans les régions tenues par le régime, sous la protection du dictateur. F.Fillon oriente sa position sur un conflit, par rapport à ce que vit une communauté en particulier (chrétienne en l’occurrence). C’est, au passage, faire preuve d’une forme de communautarisme que, par ailleurs, il dénonce fermement en France.

François Fillon est aussi accusé de s’aligner sur Vladimir Poutine.

Oui et ces dernières semaines son discours a un peu évolué sur le sujet… Il faut l’écouter avec attention. Le candidat ne dit plus que la solution en Syrie viendra de Poutine, en donnant le sentiment d’approuver son action sans trop de réserves… Ce serait maintenant cautionner des crimes de masse. Il dit qu’il ne peut pas y avoir de solution en Syrie sans Poutine. Ce qui veut tout et rien dire puisque c’est une évidence. Mais pour l’instant Vladimir Poutine veut remettre en selle Bachar El Assad, sans combattre Daech et en faisant fuir des milliers de syriens vers l’Europe… Pendant la campagne des primaires, au prés de l’électorat le plus conservateur, il était assez rentable de se montrer « poutiniste ». D’autres candidats s’en sont aperçus avec un certain étonnement, quand ils critiquaient le président russe… L’image de Vladimir Poutine, la force chrétienne, blanche, traditionaliste, plait, dans une partie du cœur électoral de la droite qui a voté à la primaire. Alors discuter avec Poutine, tout le monde est d’accord mais pour lui dire quoi ? Sur quel ton ? Et pour quel but ? Là est la fracture qui se révèle au sein de LR. F.Fillon s’apprête à designer B.Le Maire pour s’occuper des questions internationales en son nom. Est-ce le signe d’un début de changement d’approche ? B.Le Maire a rencontré le Maire d’Alep-Est. François Fillon n’a pas voulu le recevoir lui-même. Pour l’instant B.Le Maire ne dit rien publiquement sur le sujet. Et pour cause, il est, comme A.Juppé, très critique de l’action de V.Poutine et donc pas raccord avec la position de F.Fillon. On se souvient qu’au moment des cérémonies commémoratives du débarquement, en 2014, B.Le Maire député de Normandie, avait dit avec fracas « Vladimir Poutine n’est pas le bienvenu en France ». Va t’il mettre de l’eau dans son vin pour espérer décrocher le Quai d’Orsay si la droite gagne en 2017 ? Ou est-ce F.Fillon qui va se rapprocher de la ligne plus classique du parti, et, en réalité de la diplomatie française ? À LR, on pari plutôt sur cette 2ndoption.

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