Remaniement : les écologistes vont-ils faire leur retour au gouvernement ?

C’est possible, en ce moment quelques écologistes vérifient que leur portable est bien chargé. Pour les avoir au téléphone (et si vous avez leur 06), appelez d’un numéro masqué et ils décrochent tout de suite ! Mais bon, derrière ce suspens habituel en période de remaniement, il y a de vrais sujets politiques. Prenons d’abord le point de vue du président : nommer François de Rugy ou Jean-Vincent Placé ministre aurait autant d’effet que de nommer un radical de gauche de plus. C’est à dire aucun puisque depuis des mois, ces deux-là disent exactement la même chose que le porte-parole du gouvernement sur à peu près tous les sujets. A l’autre bout du parti Cécile Duflot a consommé sa rupture avec le couple de l’exécutif. Il reste la patronne des verts, Emmanuelle Cosse, ou le vice-président de l’Assemblée Denis Baupin. Deux personnalités assez différenciées du PS pour que leur entrée au gouvernement apparaisse comme un semblant d’élargissement de la base politique, dont le président a bien besoin.

Mais si Emmanuelle Cosse ou Denis Beaupin acceptaient ce serait la crise à EELV

Oui, enfin le parti écologiste est déjà largement en ébullition. Que l’eau bout à 100° ou à 105°, la différence n’est que la vitesse d’évaporation. La question est plutôt : pourquoi accepter d’entrer dans un gouvernement si peu populaire à un an et demi des présidentielles et des législatives ? L’idée, c’est bien sûr d’obtenir, en échange, des arbitrages favorables, sur quelques dossiers : boues rouges en Méditerranée, l’enterrement du dossier NDDL, la fermeture de Fessenheim comme s’y était engagé le candidat Hollande. Mais attention, de tels gains, sur des cas concrets, importants mais ponctuels, peuvent être des trompe-l’œil. En 1981, François Mitterrand avait concédés aux écologistes Plogoff et le Larzac… et puis, dans la foulée il avait tranché en faveur du nucléaire civil et militaire. L’idée qui plaide pour une participation, c’est plutôt d’accompagner une évolution très rapide d’un rapport de force… non pas entre EELV et le PS mais entre les énergies renouvelables et les énergies fossiles. Les fonds de pensions désinvestissent désormais dans le charbon pour investir dans les énergies propres. La transition énergétique doit et va se faire. Pour les écologistes, la question du pouvoir a longtemps été de savoir s’il fallait mieux être dedans pour peser sur les décisions, notamment pour pousser à l’évolution de la fiscalité, ou s’il fallait exercer une pression extérieure et protestataire. Paradoxalement l’état de délabrement et d’éparpillement d’EELV, le fait que plus personne ne se soucie de la cohérence de ce parti, lui permet de jouer sur les deux tableaux…être dedans et dehors à la fois. L’avenir de l’écologie politique en France ne passe, de toute façons, plus par EELV mais par Nicolas Hulot s’il se présente en 2017, et s’il est suivi (ce qui serait cette fois le cas) par l’ensemble des écolos, toutes tendances confondues. Nicolas Hulot qui –vis-à-vis du pouvoir- personnifie d’ailleurs parfaitement cette stratégie du dehors et dedans à la fois.

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