La macronnie... Sans tête...

Ou alors, la tête sans macronnie... c’est au choix ! Le président semble ne plus savoir quelle est sa ligne sur plusieurs sujets et visiblement, sa majorité (parti et groupe parlementaire) n’est pas non plus en mesure d’indiquer le nord, la direction des pas du En Marchisme ! Hésitations, revirements sur la taxe d’habitation ; mesures sur le maintien de l’ordre proposées par la droite il y a trois semaines, acceptées finalement aujourd’hui par le gouvernement ; le ministre de l’Economie qui découvre à la télévision, de la bouche du président, les 100 euros de plus pour les smicards ! Entre jupitérisme de surplomb et nouveau girondisme, verticalité technocratique et horizontalité participative, voilà de quoi avoir le tournis. Le 1er ministre – c’est la constitution qui le dit- est le chef de la majorité mais il refuse toujours d’être membre du parti majoritaire ; le président ne voit plus les économistes qui ont conçu son programme, ni les syndicalistes (CFDT par exemple) qui se montraient bienveillants envers celui-ci mais fréquente et s’inspire de Nicolas Sarkozy, pour les heures supplémentaires défiscalisées, la tentative avortée d’imposer le thème de l’identité dans le débat et même, maintenant, pour cette manie de proposer des lois sécuritaires de circonstances ! La période est, pour le moins, illisible, parce qu’en plus, la crise des Gilets jaunes est aussi difficilement cernable. Ce mouvement, sans tête ni revendications hiérarchisées, ajoute du foutoir social au désordre politique !

Le grand débat promis peut-il clarifier les choses ?

En théorie, il devrait effectivement rationaliser les demandes, faire émerger des solutions de terrain donc praticables. Chantal Jouano nous en dira plus... même si ce débat commence aussi dans la confusion puisque Chantal Jouano, justement, chargée de l’organiser, démissionne! Mais au-delà de cette péripétie sur laquelle nous allons revenir dans quelques minutes, deux inquiétantes interrogations font douter de la pertinence du projet. D’abord, le président a bien dit qu’il tenait à faire les réformes prévues et à garder son cap  ... dès lors, les 4 grands thèmes fixés pourront-ils être examinés en profondeur ? Pourquoi soumettre au débat la taxe d’habitation et pas l’ISF ? Mais finalement, me direz-vous, comme le cap que le président veut maintenir n’est pas clair... il peut y avoir plus de marge de manœuvre ! Surtout en matière institutionnelle, matière forte en symbole et budgétairement indolore. 2ème interrogation : qui seront les participants ? Qui viendra ? Les gilets jaunes n’y croient pas et les responsables de la majorité, interrogés en privé, craignent qu’il en ressorte nécessairement une demande de moins d’impôts et de plus de service public, ou que les franges les plus radicales, sur chaque thème, sécurité, identité, fiscalité, opposants au Mariage Pour Tous,  monopolisent la parole ! Vous vous souvenez de notre chronique régulière intitulée Qu’est-ce que le macronnisme, par laquelle nous tentions de définir cet objet politique qui a gagné les élections sur l’idée qu’il fallait se mettre En Marche sans avoir eu le temps de dire précisément pour où ? Et bien c’est comme si l’on repartait de zéro. La question était : qu’est-ce que le macronnisme ? Elle est maintenant : existe-t-il seulement ?

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