Par Carine Bécard .

Nicolas Sarkozy est déjà tourné vers 2017... Incontestablement ! C'est ce qui ressort du bureau politique extraordinaire auquel il a participé hier à l'UMP. Il devait être question des finances du parti après le rejet des comptes de campagne de l'ancien président par le Conseil constitutionnel. Or, Nicolas Sarkozy a fait en sorte que le sujet soit totalement éclipsé.

Oui ! Et pour éclipser un sujet, comment fait-on ? Eh bien, on peaufine la forme et on masque le fond. En d'autres termes, on se montre, mais on ne dit presque rien. Pourquoi était-il préférable que Nicolas Sarkozy ne dise "presque rien" sur le sujet qui réunissait officiellement, hier, tout le monde à l'UMP ? Parce que dans cette affaire, depuis jeudi dernier, il en a déjà bien trop fait. L'ancien président sait qu'il est allé trop vite et trop loin en s'en prenant - directement - au Conseil Constitutionnel. Il est passé pour un mauvais perdant. Pire, pour un ex-Chef d'Etat qui se croit au-dessus des lois.

Nicolas Sarkozy, hier, n'était donc plus l'homme qui réclamait de "retrouver sa liberté de parole". Il n'était presque plus, non plus, l'homme politique qui "assume ses responsabilités". Non, Nicolas Sarkozy était tout simplement là. Pour sourire, serrer des mains, dire merci... Et surtout, pour que cela se sache. Que l'on devine que l'ambiance était électrique (digne d'une campagne électorale), qu'il a été longuement et chaleureusement applaudi par l'ensemble des parlementaires de l'UMP… Bref, que tout le monde - à droite - n'attendait que lui, pour le voir, et bien sûr pour l'entendre.

Nicolas Sarkozy a réussi à transformer ce bureau politique en un événement auquel tous les militants UMP auraient aimé assister. En réalité, ce qui a contribué à transformer cette réunion en un rendez-vous quasiment "historique", c'est l'absence totale de réplique à gauche. Durant tout le week-end, pas une seule voix socialiste ne s'est opposée à "l'idée d'injustice" que faisait prospérer le camp de l'ancien président. Pas un seul ministre du Gouvernement n'a rappelé fermement que Nicolas Sarkozy a fauté, et que comme tout candidat qui a tenté de frauder, ses comptes de campagne ont été sanctionnés.

En tout cas, il n’a peut-être pas joué que de sa "présence", hier, mais sa sortie est une sortie on ne peut plus réussie.

A qui le dites-vous !

Il a passé moins d'une heure et demie à l'UMP. Mais cela lui a suffi pour réapparaître comme - l'unique - patron de la droite. Comme le seul capable de rassembler tout le monde. Cruelle déconvenue pour François Fillon, d'autant que les mots choisis par Nicolas Sarkozy laissent peu de place au doute. L'ancien Président ne parle plus au conditionnel de son éventuel retour, il l'évoque désormais, en le conjuguant au futur.

Un sans-faute sur la forme, donc, mais sur le fond, Nicolas Sarkozy a donné l'impression de se chercher encore, de ne pas avoir trouvé sa route, son chemin. Ce faux retraité de la politique est, pour ainsi dire "en travaux". Il lui faut fabriquer le nouveau personnage et le nouveau scénario qui devront lui permettre de remonter sur scène. En pleine construction donc, le discours de Nicolas Sarkozy est apparu hier plus rassembleur, plus ouvert, plus proche de sa première campagne de 2007 que de la dernière, en 2012, très droitière, très inspirée par son conseiller Patrick Buisson. Un conseiller dont l'ancien candidat sait bien qu'il reste contesté au sein de son propre camp, et qu'il divise toujours l'UMP.

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