Par Jean-François Achili Les critiques de Jacques Chirac à l’encontre de Nicolas Sarkozy, dans le tome 2 de ses Mémoires, à paraître dans une semaine, avec cette interrogation : assistons-nous aujourd’hui à une offensive chiraquienne ? Il y a de quoi se poser la question: ces critiques, que nous avons largement détaillées hier, ont surpris par leur vivacité. Le regard de Jacques Chirac sur son successeur a toujours été sévère, les plaies ne se sont jamais vraiment refermées. Mais c’est surtout le moment choisi qui surprend. Il faut dire que Jacques Chirac, depuis de longues années, fait figure de paisible retraité de la politique, très populaire, mais sorti du jeu, malgré son procès qui l'attend début septembre. Il n'est pas rare de le croiser dans un restaurant parisien. Dernière anecdote en date, lundi midi : Jacques Chirac, attablé au Père Claude avec Jean-Pierre Raffarin et Dominique Bussereau, rencontre Lionel Jospin. L'ancien Premier ministre, en compagnie de Pierre Moscovici, vient saluer l'ex-président. Ils ne se sont pas revus depuis si longtemps. Jacques Chirac lui donne du "cher ami", lui parle cuisine, et le met en garde : "faites attention, c'est dur pour le foie ici". Et avant de partir, en jetant un œil sur l’assiette de Lionel Jospin : "je vois que vous avez fait honneur au plat". Séquence insolite, très loin des règlements de comptes du tome 2 de ses mémoires, qui sont en fait dans l'air du temps. Jacques Chirac ne se reconnaît plus dans la majorité actuelle, qui s’en prend à l’immigration du travail, ou pointe du doigt les bénéficiaires du RSA, présentés comme des assistés, voire qualifiés de cancer de la société. C’est aujourd’hui la Droite populaire qui donne le tempo à l’UMP, dont une bonne moitié joue désormais dans la même cour que Marine le Pen. Du coup certains gaullistes et leurs amis reprennent du service ? Un témoin, présent mardi soir à la nouvelle réunion de campagne de Jean-Louis Borloo, a vu arriver ce qu'il appelle "une bande de professionnels de la Chirac connexion", issus du monde économique, des milieux d'affaires, au côté de Frédéric Salat-Baroux, ancien secrétaire général de l'Elysée de Jacques Chirac et époux de sa fille Claude. Un certain nombre de gaullistes vont se rallier, promet un lieutenant de Jean-Louis Borloo. Ce qui énerve Nicolas Sarkozy, qui s'en est pris hier à son ancien ministre de l’écologie, en l'accusant, sans le citer, de diviser la majorité. L’offensive chiraquienne existe, même si elle n’est pas coordonnée. Certains de ceux qui vivent mal le virage droitier de l’UMP posent leur sac chez Jean-Louis Borloo, sans trop savoir si son aventure ira au bout. Jacques Chirac, qui apprécie François Hollande, et le dit, reste une figure tutélaire de cette famille radsoc, qui peut peser jusqu’à 10% affirment certains experts en meccano électoral. Une vieille famille très courtisée, la victoire finale ne se fera pas sans elle.

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