Ce week-end, le Nouveau Centre a rejoint la confédération des Centres ! Vous pensez pouvoir intéresser nos auditeurs avec une telle information ?!Non, je n’ai pas cette prétention ! Le Nouveau Centre d’Hervé Morin rejoint la confédération des Centres de Jean-Louis Borloo. Il faut vraiment faire partie de la famille Morin, Arthuis ou de Charette pour s’intéresser à ces choses, je vous l’accorde… Mais saisissons cette occasion pour faire un état des lieux de la droite… de toute la droite en recomposition. On revient à un grand classique. La droite se re-fractionne en trois grandes tendances. Il serait artificiel d’aller ressortir les vieux clivages de René Rémond : les légitimistes, les orléanistes et les bonapartistes que l’on pouvait schématiquement transposer par l’extrême droite nationaliste, les centristes-libéraux et les néogaullistes. Ces distinctions ne sont plus pertinentes même si les nouveaux clivages au sein de la droite trouvent leurs racines aussi dans l’Histoire, dans le rapport à la République ou dans le poids de l’humanisme chrétien chez les modérés. Ce qui reste vrai et donc prouve qu’il s’agit de distinctions de fond, encrées au plus profond des consciences politiques de la droite française, c’est que celle-ci est vraiment divisée en trois parties distinctes. L’UMP était donc une construction relativement artificielle qui a été efficace, un temps ; le temps de permettre à Nicolas Sarkozy d’accéder au pouvoir en abolissant, par son discours et son talent, les frontières de ces droites qui ressurgissent à mesure que le sarkozysme s’évanouit. Ces trois droites aujourd’hui sont représentées par le FN (héritière des légitimistes mais pas seulement) l’UMP réduite (héritière des bonapartistes mais pas seulement) et les centristes qui s’émancipent (héritière des orléanistes mais pas seulement). L’une des grandes différences avec l’époque de René Rémond, réside dans l’équilibre entre les trois composantes. Et c’est le poids du FN qui bouleverse cet équilibres...Oui parce que la caractéristique de la partition en trois de la droite Française c’est qu’elle ne gouverne jamais au complet. Le pouvoir ne s’acquiert qu’en binôme. On a l’habitude de voir les centristes et les gaullistes gouverner ensemble depuis le début de la Cinquième République. L’extrême droite était étouffée, résiduelle depuis Tixier-Vignancourt jusqu’au début des années 8O et l’émergence du FN… Mais jamais elle n’accédait au pouvoir parce que l’aile modérée de la droite et l’ADN résistant du gaullisme la rendait infréquentable. Aujourd’hui, avec l’émergence d’une UMP un brin populiste et qui oublie son gaullisme, une extrême droite qui met de la laïcité et de la république plein son discours, on sent bien qu’une voix se dessine doucement pour une future alliance. Les centristes se doivent de réagir s’ils veulent éviter que l’UMP finisse dans le même lit que le FN. Pour ça, le centre doit prendre le leadership à droite ! Ça ne s’est jamais produit depuis 1958 sauf entre 1974 et 1976 après l’accession du seul non-gaulliste de droite à l’Elysée. Après 76 et la création du RPR, l’UDF redevenait un allié affaibli. La droite est un ménage tumultueux à trois mais qui ne peut gouverner qu’à deux. En ce moment se joue l’avenir de la droite de gouvernement. Si elle se retrouve dans l’opposition en 2012, va-t-elle verser du coté droit et propulser le centre vers la gauche, ou va-t-elle retourner vers une configuration classique gaulliste plus centre ?… Pour ça il faudra terrasser le FN. On en est loin.

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