**Le FN rend fou l’UMPOui, l’UMP en ce moment ressemble à ces poules qui traversent une départementale. Quand on approche en voiture, elles changent d’avis, reviennent sur le bas coté, puis rechangent d’avis et foncent vers l’autre rive, se percutent entre elles en caquetant dans un nuage de plume. Bref elles sont complètement paumées. Hier on a eu deux exemples de ces allers et retours cafouilleux : la député Chantal Brunel considérait qu’il fallait, je cite « humainement repousser les bateaux d’immigrés dans les eaux internationales ». Cette phrase en forme d’oxymore a bien sur déclenché un tollé, le tollé habituel. Ces propos ont été considérés comme une capitulation devant le FN et ont été rapidement récusés par Jean-François Copé. Madame Brunel a fini par s’excuser. La deuxième manifestation de panique de l’UMP-volaille s’est déroulée pendant le débat sur la loi sur l’immigration au Parlement. Claude Guéant, l’éminence grise tant redouté quand il était bien caché à l’Elysée est, en tant que Ministre de l’Intérieur, dans le chaudron de l’hémicycle, un petit garçon timide et conciliant. Sa premier prestation se solde par une reculade piteuse mais salutaire pour tout ceux qui sont attachés aux valeurs de la république : la déchéance de nationalité pour les naturalisés depuis moins de dix ans, assassins d’un représentant de l’ordre est abandonnée. Un abandon de plus!Oui parce que les centristes menaçaient de s’opposer à cette disposition. Un renoncement, en effet, deux semaines après celui du bouclier fiscal. La déchéance de nationalité, c’était pourtant la mesure phare d’un discours que l’on disait fondateur, prononcé à Grenoble en juillet. Et c’est là que l’on mesure la perte de prise du discours du Président sur les événements. Il peut affirmer « blanc », le menton haut, avec un ton des plus volontariste… et c’est noir qui se produit. De la taxe carbone, souvenez-vous, aussi « importante que l’abolition de la peine de mort » aux démissions forcées de ministres soutenus mordicus la veille. Les exemples sont multiples et au fil des affirmations baudruches la parole Elyséenne semble ne plus avoir d’effet. Son verbe n’est plus performatif, il n’agit plus sur le réel. Du coup le FN (qui, lui ne s’est jamais confronté au réel, sauf dans quatre municipalités, et ça c’est toujours terminé en psychodrame et en défaite) le FN, donc, peut faire feu de tous bois. Quand Nicolas Sarkozy propose la déchéance de nationalité, le FN n’applaudit pas mais crie au plagia, quand il l’abandonne, le FN crie à la lâcheté. Quand le maire UMP de Marseille favorise la construction d’une mosquée dans sa ville pour éviter que les musulmans prient dans la rue, le FN le traite de Ben-Gaudin, quand les musulmans prient dans la rue parce qu’il n’y a pas assez de mosquée le FN crie à l’occupation. Le Pen père et fille sont incohérents et démagogues mais efficaces. La force de Nicolas Sarkozy en 2006 et 2007 c’était qu’il maîtrisait l’agenda des débats, les suscitait, les orientait sur des terrains qui lui étaient favorables. Ces terrains, la sécurité et l’immigration ne lui sont plus favorables parce que les résultats ne sont pas là et qu’on s’est lassé de ce jeu de « lancé de débats polémiques» permanent. Cela dit, pour rassurer un peu l’UMP on peu filer la métaphore de la poule et de la départementale jusqu’au bout et constater que la poule, si elle n’a pas l’air maline à paniquer près des roues, vous avez remarqué ? Elle s’en sort toujours. Seulement elle ne se retrouve pas forcement sur la rive qu’elle avait choisie au départ…**

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