Nathalie Kosciusko-Morizet est candidate à la primaire. Une candidature utile au débat à droite.

NKM sait qu’elle ne gagnera pas. Mais elle est atteinte (comme beaucoup à droite) du syndrome Valls : 6% à la primaire et… 1erministre. Elle sait qu’être une femme, jeune, porteuse d’un discours de plus en plus compatible avec un centre gauche, la place bien en potentielle 1er ministre d’un président Juppé, par exemple, élu en 2017 avec des voix de gauche contre Marine Le Pen. Pour l’instant, ses positions sur l’écologie (marginales dans son camp, mais compatibles avec Juppé justement), les questions de société abordées de façon très libérale, très citadine, et surtout son caractère d’emmerdeuse (le mot est de Chirac mais lui colle toujours), font de NKM une personnalité difficile à parrainer par les élus LR. Chaque candidat à la primaire doit avoir le parrainage d’au moins 25 parlementaires. Pour l’instant, NKM n’en dispose que de 4 ou 5. L’ancienne ministre de l’Ecologie pourrait bien obtenir des parrainages de quelques parlementaires écologistes ! Oui, parce que les statuts de la primaire ne précisent pas que les parrains doivent être de droite ou du centre ! Est-ce un oubli ? Toujours est-il que NKM compte bien en profiter. Des parlementaires écologistes sont approchés. Et certains d’entre eux, choqués par le revirement de Nicolas Sarkozy, qui a récemment déclaré qu’il regrettait d’avoir signé le pacte de Nicolas Hulot en 2007, pourraient être enclins à la parrainer (c’est l’espoir de NKM) afin que l’écologie ne soit pas absente du débat à droite. Mais, parrainage ou pas, d’ici septembre, où il faut les rendre publiques, la député de l’Essonne aura au moins bénéficié du statut officieux de candidate à la primaire. Sa parole sera plus écoutée, sa liberté plus facile à assumer.

Bon, on comprend que sa candidature est utile à NKM pour sa visibilité politique et médiatique… Mais en quoi est-elle utile au débat ?

Et bien parce que s’il n’y a pas ces candidats outsider, l’exercice risque de n’être qu’un concours de caractère entre les vrais présidentiables, enivrés par leur certitudes plus ou moins assumées, d’être l’homme providentiel, plus choisi –syndrome gaullien- sur ce qu’ils sont que sur ce qu’ils proposent. LR n’a pas de culture de tendances, de courants et, dès lors, ceux qui ont une chance de l’emporter (aujourd’hui Juppé, Sarkozy, peut-être Fillon ou Lemaire) gomment les aspérités idéologiques de peur de diviser, pour les remplacer par des postures d’autorité volontariste sur-jouées, qui ne disent rien mais font très « chef ». NKM peut apporter une autre voix, sur l’environnement, on l’a vu, sur une forme de libéralisme sociétal plus original dans son parti. Sa candidature est mal vue par les Sarkozystes parce que la pourfendeuse de la droitisation dirigera ses flèches, en priorité, contre l’ancien président. Elle est saluée par les Juppéistes, pour les mêmes raisons. La primaire peut être le temps des pires pugilas d’égos et de chefs à plumes. Il peut d’ailleurs être dans le tempérament de NKM d’en rajouter sur le thème lourdingue « je suis une femme mais moi au moins j’en ai ». Ce peut-être aussi (ne désespérons pas toujours des politiques) le temps –pourquoi pas ?- des confrontations d’idées et des clarifications idéologiques.

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