Dans une semaine le premier tour de municipales très particulières.

Impuissance nationale peut-être mais certainement pas locale : les maires des grandes villes (presque tous estampillés ou simplement investis par le PS ou LR) ont profondément changé leurs communes. Contrairement aux élus nationaux de ces mêmes partis, ils sont moins entravés par l’Europe, la mondialisation, des contraintes économiques ou un conservatisme ambiant, ces éléments généralement invoqués pour expliquer le surplace des présidents et leur impopularité de fin de mandat. 

Dans la plupart des villes, les sortants sont en position de force. Les rares impopulaires de droite seront remplacés par la  gauche et inversement. Des alternances peu motivées par l’idéologie, comme si la plupart des maires avaient, dans les faits, dépassé le clivage gauche/droite sans attendre le macronisme. 

LREM perd donc une bonne partie de sa raison d’être au niveau municipal. Pour le reste, les écologistes, dans le sens de l’histoire, comptent prendre quelques grandes-villes. Le RN, qui est aussi dans le sens  -mais d’une autre histoire- espère de bons scored à défaut d’accéder à de nombreux sièges de maires, n’ayant toujours pas pu (ou voulu) se trouver des alliés du second  tour.

C’est aussi la 1ère élection municipale à l’heure des réseaux sociaux si puissants…

Et on a vu se développer localement un phénomène qui s’était déjà abattu sur les responsables nationaux : une tyrannie de la cohérence… l’impossibilité pour certains élus de faire des campagnes spécifiques avec des groupes de la population bien déterminés. Tout est maintenant filmé. Par exemple, plusieurs cas de communautarisme flagrant sont apparus : un maire sortant, LR, de Villiers (dans le Val-de-Marne) se rend dans une mosquée pour annoncer qu’il a libéré un espace pour un parking devant ce lieu de culte !

A Marseille, Catherine Pilla, colistière de Martine Vassal (LR) s’adresse aux fidèles catholiques avant le début d’une messe, en contradiction avec la loi de 1905… Ces petites réunions ne passent plus inaperçues… La tyrannie de la transparence peut avoir un pan terrifiant s’il s’attaque à la sphère privée (cf l’affaire Griveaux) mais contient aussi un aspect plutôt salutaire quand il piste l’activité publique des candidats… Enfin, dernière spécificité de cette élection vraiment particulière… le coronavirus et le stade 3 imminent…personne ne peut dire à 6 jours du vote l’effet sur le scrutin…

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