Il y un an, nous nous confinions pour la première fois… Retour sur douze mois de gestion de la crise.

Covid : la ligne de crète du gouvernement est de plus en plus intenable 
Covid : la ligne de crète du gouvernement est de plus en plus intenable  © AFP / Alain Jocard

Pour arriver à ce moment critique (celui que nous vivons ces jours-ci)... Il faut dire que ça n’a été qu’une succession de moments critiques, exceptées (peut-être) les semaines d’insouciance de l’été. 

On a appris hier que 40% des opérations non urgentes à l’hôpital seraient déprogrammés pour dégager des moyens de soins intensifs Covid. Le chemin de crête est scabreux. Le cœur de la stratégie de l’exécutif pour arbitrer entre ouverture et fermeture des écoles, des commerces, du monde de la culture, entre couvre-feu et confinement, c’est le taux de remplissage des services de réanimation. 

Voilà l’élément clé. ‘Il y a un risque que nous ne prendrons jamais’ dit-on à l’Elysée : ‘l’embolie de la réanimation’. On doit pouvoir continuer à soigner tout le monde. La décision, après noël, de ne pas re-confiner, contre l’avis du Conseil scientifique, est un choix politique : on constate que la contamination n’est pas exponentielle (pour l’instant). On accepte donc une lente et linéaire progression des cas, absorbée par l’augmentation des capacités de soins intensifs. 

Un choix logistique et philosophique puisqu’on accepte 300 à 400 morts par jour… La priorité est renversée : passant de la protection absolue des plus âgés à celle de la jeunesse. La première phase de la lutte contre la pandémie avait sacrifié la scolarité des plus jeunes et une part importante de l’activité économique puis la santé psychologique d’une partie du corps social. 

Aujourd’hui, la perspective du vaccin va de pair avec le refus du confinement. Mais si on ne ferme pas la société, on la contraint quand même avec le couvre-feu, la mise sous cloche des activités culturelles et de la restauration. La question est toujours la même et s’apprécie au jour le jour depuis janvier : peut-on tenir sans tout refermer quelques temps ? 

Peut-on tenir jusqu’à ce que le vaccin provoque l’immunité collective salvatrice ? La jeunesse souffre, socialement, psychologiquement, mais peut, tant bien que mal, continuer ses études. Les EHPAD, massivement vaccinés, commencent à envisager le bout du tunnel. 

L’année a quand même été émaillée de ratés !  

Oui ! On n'a jamais réussi à appliquer efficacement le triptyque tant rabâché ‘tester, isoler, tracer’. Nous ne sommes pas la Corée… 

Depuis un an, chaque étape (l’équipement en masques, la mise en place des tests et les vaccins) a d’abord été très laborieuse pour finir par marcher au moins aussi bien que chez nos voisins. 

La France est un diesel. L’Etat a tâtonné, les oppositions et les élus locaux râlent (c’est notre nature) mais coopèrent largement. La réussite ou non de l’équilibrisme choisi se mesurera avant l’été. Elle dépendra largement du niveau de livraison des vaccins dans les prochaines semaines et de notre capacité à les faire passer rapidement des frigidaires aux bras des Français. Avec ce pari : que le haut niveau de contamination, assumé pour ne pas tout fermer, ne finisse pas par favoriser l’émergence de variants incontrôlables ! 

De nombreux facteurs restent trop incertains pour dire, un an après le début de la crise, si le président et gouvernement l’ont bien gérée.  

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