Une chronique de Françoise Degois. Dans le fracas des débats socialistes, on en oublierait presque Nicolas Sarkozy. Le président de l'UMP retrouve le terrain ce soir à St Etienne avec un discours trés attendu sur la mondialisation. Un discours qui pourrait troubler un électorat de droite déjà trés morcelé à 6 mois de la présidentielle. Il y a l'arbre, sa domination sans partage sur l'UMP, qui cache la forêt. Et d'abord celle des doutes qui commencent à percer dans la majorité de Nicolas Sarkozy. Doutes sur sa ligne politique, un coup de barre à gauche, avec un discours décoiffant annoncé ce soir à St Etienne sur la mondialisation. Un coup de barre à droite avec les batteries récurrentes de propositions sur la sécurité ou la justice. "Sarkozy proche du peuple," répondent ses conseillers quand son aile libérale ou plus modérée s'inquiète. Doutes aussi sur son comportement. Côté face : la force réelle d'un animal politique. Côté pile : les changements d'humeur d'un dirigeant qui accepte mal la contradiction. Et c'est bien sur cette faille que les chiraquiens ont décidé de porter leurs attaques. Pas une semaine sans une offensive. Chacun son tour comme à confesse. Michelle Alliot-Marie s'avance, et cède la place à Dominique de Villepin, qui laisse à son tour passer Jean-Louis Debré qui s'efface pour faire place à Jacques Chirac. Un mouvement perpétuel à vous coller des migraines, qui va aller en s'accélérant jusqu'à l'annonce de la candidature de Sarkozy. Le problème n'en sera pas pour autant réglé jusqu'au bout, les gaullistes pur et dur, dirigeants et électeurs, feront tout pour éviter l'allégeance au pdt de l'UMP. Morcelé aussi cet électorat, par la tentation de l'ultra et de l'extrême droite. Malgré les oeillades adressées aux électeurs potentiels de Philippe de Villiers ou du Front National, le peu de résultats visibles en matière de sécurité, le mal être des banlieues, la violence aveugle d'adolescents brûleurs de bus. Tout celà nourrit le vote de la peur et du rejet. Et si on en croit les sondages, qui ne se trompent pas tout le temps, le ministre de l'intérieur n'a toujours pas trouvé la clé pour enrayer la machine infernale. Morcelé enfin, cet électorat de droite par Francois Bayrou. Fini le centrisme mou, bien élevé et docile. Bayrou commence à raconter au pays l'histoire d'un chevalier blanc, pourfendeur d'une classe politique dénaturée. Une classe à laquelle il appartient pourtant depuis si longtemps et dont il a gouté, lui aussi, les délices. Mais qu'importe, les Francais, en mal de changement, lui font, aujourd'hui, crédit de sa révolte. Bayrou, coincé au centre, doit trouver un espace. Il devrait donc très logiquement frapper aussi fort sur Nicolas Sarkozy en 2007 que Jean-Pierre Chevènement sur Lionel Jospin en 2002. Sans oublier les prétendants grapilleurs de voix comme Christine Boutin ou Nicolas Dupont Aignan. Alors c'est vrai, contrairement au PS, Nicolas Sarkozy n'a pas à subir, 2 jours par semaine, la contradiction publique avec ses camarades de l'UMP. C'est vrai que l'opinion le porte encore et toujours contre vents et marées, malgré ses changements de pied. C'est vrai enfin que le parti, dans ses cadres dirigeants, ses nouveaux militants et sa logistique, marche derrière lui. Mais, mais, dominer ne veut pas forcément dire gagner.

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