Vous revenez sur les suites du discours de la rigueur de François Fillon. Ce matin, les aspects symboliques avec, bien sûr, le salaire du Président.

Oui, le salaire du Président, celui des ministres et la réforme du financement des partis politiques avec une baisse prévue de 5 % de leur dotation. Ces mesures ne rapporteront quasiment rien mais elles sont, nous dit-on, indispensables parce qu’elles sont « symboliques ». Elles symbolisent « l’exemplarité ». Le symbole est censé donner la couleur de la réforme engagée, c’est son drapeau. Paradoxalement, on dit aussi d’une mesure qu’elle est symbolique pour la dénigrer et montrer qu’elle n’engage à rien. Ça, c’est plutôt pour les augmentations… L’utilisation du mot « symbole » en politique est donc, comme souvent, réversible. Dans la série de dispositions dites « symboliques » qui étaient comprises dans le plan Fillon, en réalité aucune ne remplie de façon satisfaisante ce que l’on attend d’un symbole en politique, être le supplément d’âme d’une réforme. Alors prenons la plus symbolique : le gel du salaire du Président de la république.

22 500 euros : voilà le salaire du chef de l’Etat.

Et on se demande vraiment ce qui a pu passer par la tête de ceux qui ont soufflé cette mesure au premier ministre ! 22.500 euros, c’est énorme par rapport à la moyenne de ce que gagnent les Français mais c’est un salaire qui ne veut rien dire ! Président, ce n’est pas un métier. Le président (je ne parle pas spécialement de Nicolas Sarkozy mais de la fonction) ne dépense pas un centime et vit (c’est bien normal) totalement aux frais de l’Etat. Quand il aura quitté l’Elysée, dans 6 mois ou 5 ans et demi, il bénéficiera des retraites de parlementaire et de président et s’il décide de ne plus faire de politique, il gagnera des sommes très importantes en donnant des conférences à travers le monde. S’il le souhaite, le monde des affaires se l’arrachera. L’argent n’est plus une question pour tout président. Et si l’on déclarait que demain la fonction de président de la république devait être bénévole, il y aurait tout autant de candidats à l’Elysée. Un président bénévole, ce serait, pour le coup, un symbole négatif de confusion entre les biens de l’Etat et de ceux de son chef. Le Président pourrait simplement être payé, pourquoi pas au Smic… voilà un beau symbole ! Et ça ne changerait en rien son train de vie. Entièrement occupé à sa fonction, nourri, logé, transporté, habillé, diverti par l’Etat, le salaire du président est de l’argent de poche. Dire, comme François Hollande, qu’il baissera son futur éventuel salaire de 30% ne rime donc pas à grand chose, surtout après avoir critiqué une augmentation de 170% de celui-ci par Nicolas Sarkozy. Ce qui, d’ailleurs n’est pas vrai. Le salaire du Président a largement été augmenté pour être aligné sur celui du Premier ministre… mais Nicolas Sarkozy, contrairement à ses prédécesseurs, ne cumule plus son salaire et ses retraites de parlementaire. En réalité, tous les présidents, anciens, actuel et futurs… payés, peu, pas du tout ou beaucoup, vivent parfaitement à l’aise, et ne seront jamais en retard d’un loyer. Ce n’est pas à cause du prix du billet qu’ils vont à Brégançon plutôt qu’aux Seychelles en vacances. Une vraie mesure symbolique, aurait pu être, pourquoi pas, de réduire de façon drastique la somme dévolue aux enquêtes d’opinion dépensée pour le compte de l’Elysée…Puisque l’on parle de courage politique pendant la crise. Il y a bien assez de sondages dans la presse pour renseigner le président. L’économie serait à la fois symbolique et beaucoup plus réelle que le gel du salaire du chef de l’Etat.

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