Evènement très attendu, le président François Hollande va donner mardi sa première grande conférence de presse…

Et promesse tenue : le candidat Hollande s’était engagé à rendre compte de son action tous les six mois. « Vous me rappellerez à ma promesse si d’aventure je l’oubliais en chemin », avait-il lancé, sur un ton joueur. Petit bémol tout de même : le futur vainqueur avait parlé de conférences hors du palais présidentiel, dans un lieu neutre, où chacun se sentirait chez lui. Promesse non tenue donc, puisque ce sera à l’Elysée, « là où il prend ses décisions », se justifie son entourage.

C’est un renoncement important ?

Non. Ça ne change rien sur le fond. Le chef de l’Etat est attendu sur ses choix en matière économique, sur les sujets sociétaux sensibles comme le mariage homo, ou sur son début de mandat difficile. L’opération débutera à 17h, c’est tard, durée estimée à près de deux heures - un discours préliminaire du président puis les questions de la presse. L’objectif est de faire l’ouverture des 20h télé, à chaud, sans que les rédactions n’aient trop le temps de formater les sujets. Chaque média a été autorisé à envoyer deux journalistes seulement. « Si on ouvre trop, c’est open bar », explique le service de presse. « On ne peut pas accueillir tout le monde, sinon, ce sera ingérable ».

Le Président s’engage à répondre à toutes les questions ?

C’est le but de l’exercice, mais attention à ce qu’il ne tourne pas au barnum. Une phrase est restée de la conférence de presse de Nicolas Sarkozy du 8 janvier 2008 : « avec Carla, c’est du sérieux ». Un fiasco. L’ex-président, par la suite, a privilégié les apparitions télévisées et de rares conférences thématiques. « Nous allons éviter le Valérie et moi », précise un proche du Président, qui promet « un moment de gravité, où chaque mot sera pesé ». Reste la part d’improvisation qu’implique ce type de confrontation. Le président sera autant scruté sur sa maîtrise des sujets que sur sa prestation pure.

Vous avez tout de même repéré une faute de com’ ?

La règle avant une conférence de presse élyséenne est d’assécher la parole présidentielle, faire une cure d’abstinence pendant une semaine au moins. Il faut savoir disparaître des écrans radars pour créer le désir, explique un spécialiste de la communication proche des milieux de gauche. Or, François Hollande s’est livré à des confidences qui ont donné lieu à la une du Nouvel Observateur , intitulée « Hollande off ». C’est un cas d’école, analyse notre expert. Le président en dit beaucoup trop dans cet article, sur lui-même : il faut être impénétrable, montrer que rien ne vous atteint. Ou encore sur sa stratégie de sortie de crise, ses ambitions : "le cap est clair, je veux rendre sa souveraineté au pays et réunir les Français".

Il faut croire que François Hollande en a gardé sous le coude pour surprendre lors de ce rendez-vous mardi, non plus « off », mais « on », le premier – si le principe est maintenu, d’une longue série.

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