Matinale exceptionnelle de 7h à 10h depuis Times Square à New York pour commenter les résultats de l'élection présidentielle américaine.

Quelles conséquences possibles pour les rapports de force politiques en France ?

Et bien en matière électorale on n’est plus étonné d’être étonné, donc cette élection coup de tonnerre peut redonner de l’espoir à tous ceux qui sont véritablement ou qui se prétendent (et la distinction n’est pas toujours aisée) antisystème, anti-mainstream, anti-élite, anti-politiquement correct (je mets des guillemets à tout ça). Si l’on prend dans l’ordre chronologique des scrutins qui arrivent, il y a dans 11 jours la primaire de la droite. Depuis que Nicolas Sarkozy est entré en campagne, il dit, en privé, que Donald Trump est un exemple. Un exemple non pas politique, Nicolas Sarkozy n’est pas du tout sur les thèses du futur président américain sur les questions économiques notamment mais il dit prendre en compte, dans son discours très dur, dans son utilisation de l’emporte-pièce antisystème, la fracture entre la partie du peuple qui se sent déclassée, abandonnée ou même humiliée par les effets de la mondialisation. Il y a deux jours, depuis son ancien fief de Neuilly, Nicolas Sarkozy a encore corsé son discours, avec une tonalité directement inspirée de Donald Trump… Mais surtout c’est l’exaltation de la force, de la mâle puissance qui serait nécessaire à la France, qui rappelle, chez l’ancien oprésident, le vocabulaire et l’univers fantasmé de Donald Trump ou même Vladimir Poutine. Alors est-ce que la victoire de Trump va avoir un effet d’entrainement pour Nicolas Sarkozy, ou est-ce qu’au contraire, la primaire de la droite peut être un scrutin de réaction, de refus de cette pente et favoriser le tenant de l’identité heureuse d'Alain Juppé. En tout cas ce matin, Nicolas Sarkozy doit être inquiet pour les relations internationales mais plutôt rassuré sur le sens qu’il a donné à sa campagne.

Mais en France la seule personnalité politique qui souhaitait la victoire de Donald Trump c’est Marine le Pen

Bien sûr ce matin, c’est elle qui se réjouit et qui peut avoir le sentiment d’être dans le sens de l’histoire, de représenter ce qui pourrait être une majorité culturelle et donc politique, encore cachée, masquée par ce qu’elle appellera la cécité des élites et des médias de l’establishment. Marine le Pen, la surprise suivante, la suite logique, après le Brexit et Trump, ça va être le carburant le plus efficace pour une candidate que l’on n’entendait plus et qui commençait à peiner à établir un programme cohérant. A gaucheu, c’est bien sûr l’accablement mais les leçons ne manqueront pas d’être tirées. JL Mélenchon et Arnaud Montebourg peuvent s’appuyer sur ce besoin de radicalité et surtout de remise en cause de la mondialisation libérale que Donald Trump (et aussi Bernie Sanders, ne l’oublions pas, qui a failli gagner la primaire démocrate) incarne. En réalité, tous les hétérodoxes seront galvanisés par ce scrutin. Mais clairement, ce sera dur, pour quiconque à gauche, de voir dans la victoire de Trump matière à encouragement. La question, finalement, c’est celle-ci : Trump est-il le signe d’un grand bouleversement politique de même nature en France, ou est-ce l’électrochoc qui réveillera la France des Lumières. Comme on n’est plus surpris d’être surpris…on ne peut pas répondre à cette question.

Donald Trump, 45e président des USA

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