Après la remise du rapport du GIEC...

Un de plus, un Nème avertissement. Celui-ci est particulier, il établit des échéances précises, le cadre, pour une fois, des réponses nécessaires. On peut agir. Mais vite et fort. Il y a bien assez de facteurs que nous ne maîtrisons pas, tentons donc de peser sur ce que nous pouvons changer, implorent les scientifiques du GIEC. Le temps presse et nous devrions nous intéresser à autre chose ? Au remaniement, à la laïcité, à la dette, à l’immigration ? En fait, tous les sujets qui font l’actualité sont secondaires et devraient même être traités à l’aune de la viabilité du monde. Par exemple, l’environnement sera facteur, plus que les guerres ou la misère, d’un afflux ou non d’immigrés dans les décennies qui viennent. Tout comme on demande sans cesse à n’importe quel responsable politique, syndicaliste, patron «comment allez-vous financer vos projets et promesses ?», ne devrait-on pas demander «quel impact sur l’environnement ?». 

Emmanuel Macron appelle «tout le monde» à agir «maintenant».

C’est frappant, quand Emmanuel Macron parle d’écologie de façon offensive, c’est qu’il s’adresse au monde ! Il a d’ailleurs reçu de l’agence onusienne de l’environnement le titre étonnant de «champion de la Terre !» Pourquoi pas de «l’univers» ? A l’étranger, le président défend avec force l’idée selon laquelle seule une coordination internationale pourra casser le cycle de la surchauffe de la planète. Il est un avocat convainquant hors de nos frontières. En France, en revanche, il est sur la défensive, obligé, sans cesse, de justifier une politique des petits pas ! Le JDD citait, avant-hier, ces propos d’un collaborateur du président sur la démission de Nicolas Hulot... rien de politique disait-il, «il s’agissait de la situation individuelle d’un mec qui pète les plombs ». Des mots, un déni, qui disent tout du chemin intellectuel qui reste à parcourir à l’Elysée. Emmanuel Macron n’a pas décidé, pour nous mêmes  (ce n’était d’ailleurs pas le cœur de son programme), la révolution environnementale qu’il appelle de ses vœux pour le monde ! Aucun de ses homologues d’ailleurs ne l’a décidé ! Mais puisque le président français se dit progressiste, puisqu’il entend relever le gant de l’opposition au populisme orbano-salvinien et de Donald Trump, l’impératif environnemental et climatique devrait lui fournir le contenu de son progressisme affiché. La France n’existe, dit-il, que si elle défend des causes plus grandes qu’elle. Pourquoi le président ne transpose-t-il pas son discours onusien à la France ? Pourquoi n’en fait-il pas le but, le cap qui lui manque tant ? Sans doute parce qu’il est encore plus convaincu par l’aspect tactique du discours que par sa pertinence réelle ? Trop d’habitudes productivistes ? Trop d’intérêts à bousculer ? Trop de modes de vie à changer ? Pas assez d’imagination aussi ! Alors que, géographiquement, techniquement, culturellement, la France aurait les moyens d’être le pays modèle dans ce domaine, les moyens d’inventer le nouvel universalisme environnemental. Quand la France portait les idéaux universels de la Révolution à la face du monde... elle avait commencé par faire la Révolution chez elle.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.